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Algérie-Espagne: Mon général, Mme la ministre et l'énorme pot-de-vin

Publié le 30/01/2018 à 15h18 Par Mar Bassine

#Politique
fertial

Pour la création de Fertial, sa filiale en Algérie, Fertiberia aurait versé 1,9 million de dollars de pots-de-vin à des officiers de l'Armée nationale populaire.

#Algérie : Un général algérien aurait reçu une somme importante pour faciliter l'installation en Algérie d'une société espagnole de fertilisants.

Dans une réponse écrite à la radio ibérique Cadena Sur, Isabel García Tejerina, actuelle ministre espagnole de l'Agriculture, nie toute implication dans une affaire de corruption à laquelle sont mêlés des officiers de l’Armée nationale populaire algérienne et le groupe espagnol Villar Mir. Elle affirme par ailleurs ne connaître ni de près ni de loin les mis en cause que sont le général Atmane Bahloul et le colonel Salim Ouadah.

Si Isabel García Tejerina a tenu à apporter ce démenti, c’est parce qu’elle a été citée par la presse comme l'un des managers de la société Fertiberia, société du groupe Villar Mir, en 2005. Or, c’est à cette période que des pots-de-vin de l’ordre de 1,9 million de dollars auraient été versés à des responsables algériens afin que le groupe espagnol puisse s’installer en Algérie. La justice espagnole a établi qu’une bonne partie de ces sommes a été versée sur les comptes bancaires du général Atmane Bahloul et du père du colonel Salim Ouadah.

Ces faits de corruption auraient permis à Villar Mir d'obtenir les licences nécessaires à l’ouverture d’usines de production d’ammoniac à travers une joint-venture, Fertial, filiale commune de Fertiberia et de la société algérienne Asmidal.


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Depuis que ces faits ont éclaté, les généraux algériens gardent le silence. Cependant, l’implication des hauts gradés des forces de défense ou de sécurité algérienne dans le monde des affaires n’est un secret pour personne. C’est une armée au sein de laquelle les généraux appartiennent à trois catégories d’hommes d’affaires: les honnêtes, les moins honnêtes et les pires.

Les plus «honnêtes» d’entre eux utilisent leurs fils comme prête-noms pour contrôler des pans entiers des marchés publics algériens. C’est le cas du général Athmane Tartag, dont le fils, Mohamed Achraf Tartag, est dans le capital de la société Sud entrepôts logistics. Athmane Tartag, faut-il le rappeler, est le patron de la direction des services de sécurité, les renseignements algériens. Quant au patron de la gendarmerie nationale, Ahmed Boustilla, son fils Lamine n’est autre que le gérant de Fennec Logistics.


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Les moins «honnêtes» en revanche versent dans le trafic d’influence, comme Atmane Bahloul et Salim Ouadah, que la justice espagnole a coincés pour corruption. Quant aux «pires», ils trempent plutôt dans la culture du haschich et les trafics similaires. Et ce n’est pas une affabulation, puisque récemment, des jeunes Algériens ont filmé de vastes champs de cannabis appartenant à des officiers de l’armée. Mais depuis que le site Algérie Times s’est intéressé au sujet, la vidéo a purement et simplement disparu de la chaîne Youtube.

Le 30/01/2018 Par Mar Bassine