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Algérie-Mauritanie: Alger compte subventionner ses exportateurs pour les rendre plus compétitifs

Mise à jour le 23/10/2018 à 18h38 Publié le 23/10/2018 à 18h18 Par Karim Zeidane

#Economie
Mauritanie-Algérie
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#Algérie : Alger va subventionner le transport de marchandises vers la Mauritanie. Toutefois, cette mesure est jugée insuffisante par les opérateurs algériens qui souhaitent davantage afin que leurs produits soient compétitifs en Mauritanie et en Afrique de l'ouest.

Alger souhaite accroître ses échanges avec l’Afrique de l’ouest via la Mauritanie et le Sénégal. Toutefois, en marge de la 4e foire de la production algérienne à Nouakchott, les opérateurs algériens se sont rendu compte de la difficulté que constitue le transport des marchandises à écouler en Afrique subsaharienne par la voie terrestre.

Si l’ouverture du point de passage à Tindouf permet de réduire à 7 jours la durée du trajet des camions de transport de marchandises, celle-ci reste encore longue et surtout coûteuse. L’entreprise algérienne Condor, spécialisée dans l’électronique, l’électroménager et le multimédia, présente en Mauritanie et au Sénégal, en sait quelque chose.


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Face aux sollicitations de son PDG, Abderramane Benhamadi, et d’autres opérateurs algériens, le ministre algérien du Commerce, Said Djellab, a annoncé, en marge de l’ouverture de la 4e foire de la production algérienne à Nouakchott, que l’Etat algérien va subventionner le transport des marchandises en provenance de l’Algérie vers la Mauritanie. «Nous subventionnerons le transport terrestre pour que nos produits soient concurrentiels et présents en force sur le marché mauritanien», a expliqué le ministre algérien. Une mesure qui vise à rendre les produits algériens plus compétitifs sur les marchés ouest-africains.

Seulement, bien que bienvenu, ce soutien est jugé insuffisant par les opérateurs algériens, échaudés par le long trajet Alger-Nouakchott. En réponse, le ministre algérien promet des bases logistiques. Ainsi, pour réduire la durée des exportations à 5 jours, le gouvernement algérien compte recourir aux services de la Société nationale de transports routiers (Logitrans) et mettre en place des bases logistiques dans la région de Tindouf pour le stockage des marchandises avant leur exportation vers la Mauritanie et l’Afrique de l’ouest. Il prévoit aussi d’autres bases dans la région de Tamanrasset dès l’année prochaine.


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Reste que malgré ces soutiens, les exportateurs algériens craignent de ne pas être compétitifs sur les marchés ouest-africains où la concurrence des produits venant du Maroc, de la Turquie, la Chine et d’autres pays est rude.

Du coup, les opérateurs algériens demandent aux autorités algériennes la mise en place rapidement d’un accord préférentiel entre la Mauritanie et l’Algérie pour faciliter les exportations. En clair, les exportateurs algériens souhaitent payer moins de droits de douane et taxes pour écouler leurs marchandises en Mauritanie. Ce qui ne sera pas facile quand on sait qu’en contrepartie, les Mauritaniens n’exportent presque rien vers l’Algérie et que les taxes douanières constituent des recettes importantes pour le budget de l’Etat mauritanien.


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A ce titre, il faut rappeler que le poste de Guerguerat, par où transitent les exportations marocaines vers la Mauritanie, est l’une des principales sources de recettes du Trésor mauritanien. Et souhaitant jouer à l’équilibrisme dans ces relations entre les deux voisins du nord et nord-est, la Mauritanie va certainement faire la sourde oreille aux sollicitations relatives à l'accord préférentiel pour éviter le tarissement des recettes douanières tirées des échanges avec ses voisins du Maghreb. 

A noter qu'au niveau africain, le Maroc demeure de très loin le premier partenaire commercial de la Mauritanie (48% des échanges avec l'Afrique), loin devant l'Algérie (15%), l'Afrique du Sud, le Sénégal,...

Bref, l’Algérie souhaite rattraper son retard au niveau des échanges avec l’Afrique subsaharienne. Toutefois, ses entreprises partent avec de nombreux handicaps et le coup de pouce de l’Etat algérien risque d’être insuffisant pour assurer la compétitivité du «Made in Algérie» en Afrique subsaharienne.
Le 23/10/2018 Par Karim Zeidane