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Vidéo. Algérie: après 40 ans d'exil, Idir dénonce "l'idéologie stupide" qui a exclu les Amazighs

Mise à jour le 04/01/2018 à 15h53 Publié le 04/01/2018 à 15h28 Par Mar Bassine

#Culture
Idir revient après 40 ans d'exil et de marginalisation
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#Algérie : Idir, l'enfant prodige de la Kabylie, a donné une conférence à laquelle a assisté toute la presse algérienne, au cours de laquelle il a expliqué les raisons d'un exil de près de 40 ans.

En Algérie, l'arrivée d'Idir aurait pu faire oublier aux Algériens leurs nombreux problèmes économiques et leurs revendications sociales ou identitaires. Le temps de quelques concerts, les forces de sécurité auraient pu ranger des matraques auxquelles même les médecins ont désormais droit.

Mais qu'elles prennent garde, car Idir n'est pas seulement la star aux chansons envoûtantes d'expression amazighe, il est aussi un rebelle kabyle. Le chanteur, qui revient après 39 ans d'exil, l'a à nouveau prouvé en répondant aux questions des journalistes, ce mercredi 3 janvier, lors d'une conférence de presse à Alger. 


Selon lui, la raison principale de son long exil, c'est que son pays lui a interdit d'exprimer son identité amazighe. "Je n'ai pas voulu venir avant, parce que j'ai été victime d'une idéologie un peu stupide qui tendait à exclure tous ceux qui ne ressemblent pas à ceux qui l'ont instaurée". Il enchaîne en expliquant que "politiquement, il s'est passé des choses qui m'ont blessé (...) dans les actes, dans les paroles, car on a toujours fait de moi quelqu'un qui ressemblait à un Algérien à part", essentiellement à cause de sa tendance à revendiquer son identité berbère et kabyle. 

Il a ensuite raconté des anecdotes sur la marginalisation dont a été victime la communauté berbère. "Quand je suivais le JT de la télévision nationale algérienne, j'étais obligé d'expliquer à ma mère ce que disait le présentateur". Le fait d'être reconnu comme Algérien ne suffisait pas, si en dehors de cela, l'arabisation à outrance excluait plus de la moitié de la population.  

La venue d'Idir a lieu dans un contexte où Abdelaziz Bouteflika joue la carte de l'apaisement avec les nationalistes kabyles. Il a pris le contre-pied de son gouvernement et du Parlement en décrétant "Yennayer", la fête du nouvel an berbère célébrée le 12 janvier, journée chômée et payée. Néanmoins, les 39 ans d'exil d'Idir rappellent combien le combat de la communauté kabyle est légitime. 

 

Le 04/01/2018 Par Mar Bassine