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Algérie: le FMI appelle à des réformes structurelles

Publié le 26/04/2016 à 18h50 Par Karim Zeidane

#Economie
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#Algérie : Le Fonds monétaire international (FMI) n’est pas optimiste quant à l’évolution du déficit budgétaire algérien. L’institution pense que celui-ci persistera jusqu’en 2020. Alger n’est plus tout à fait réticente face aux réformes.

A l’instar des pays producteurs de pétrole, et surtout ceux dont les économies reposent quasi exclusivement sur le pétrole, l’Algérie souffre de la chute des cours du baril de pétrole qui a perdu plus de 70% de sa valeur depuis 2014. Cette situation s’est traduite par une baisse des réserves de changes. En 2015, selon le FMI, les réserves de l'Algérie ont fondu de 35 milliards de dollars.

Toutefois, elles demeurent importantes, avec 143 milliards de dollars. Sauf que ce chiffre est provisoire vu la baisse qui risque encore d’être plus importantes en 2016.

Au-delà, c’est au niveau du déficit budgétaire que la situation est plus inquiétante. En 2015, le déficit budgétaire avait plus que doublé pour s’établir à 16% du PIB. Avec le niveau actuel du baril, la situation risque de ne pas évoluer positivement.

Selon les projections du FMI, le prix du baril de pétrole devrait évoluer autour des 50 dollars à l’horizon 2020. Et à ce niveau de prix, l’Algérie devrait en conséquence continuer à afficher des déficits budgétaires jusqu’à la fin de la décennie en cours. C’est dire qu’à ce rythme, les réserves d’Alger vont continuer à fondre durant les prochaines années.

Face à cette nouvelle donne, le FMI demande à l’Algérie d’entreprendre des réformes à même de l’aider à résorber les effets du choc pétrolier. Et dans ce contexte, la dépréciation volontaire du dinar algérien par les autorités du pays s’avère insuffisante. Si cela permet de gonfler les recettes tirées des exportations et converties en monnaie locale, l’institution financière internationale explique que ce subterfuge ne sera pas suffisant pour assurer un retour à l’équilibre du déficit budgétaire.

Le FMI met en garde l’Algérie contre le statu quo et appelle Alger à mettre en place une série de réformes structurelles à même de contribuer à réduire la dépendance du pays vis-à-vis du seul pétrole. En clair, Alger doit entreprendre un processus de diversification de son économie.

Le pays peut s’appuyer sur des réserves encore importantes pour amorcer ce virage stratégique devant conduire à la diversification de son économie, en mettant l’accent sur les industries de substitution aux importations, afin de réduire la facture des importations et son impact sur la balance des opérations courantes.

Parmi les autres mesures préconisées par l’institution figurent les privatisations des entreprises publiques afin d’améliorer leur productivité et leur efficience. 

En outre, le FMI demande à Alger d’améliorer l’environnement des affaires, de revoir le système éducatif afin d’adapter la formation aux besoins du marché, etc.

Ces recommandations ne sont plus mal perçues du côté de l’Algérie. D’ailleurs, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, avait fait allusion, le 2 mars dernier, à la nécessité d’entreprendre des réformes structurelles. «Pour le moment, on maîtrise les grands équilibres, mais il faut apporter des réformes. En avril, il y aura un nouveau programme économique», avait-il promis.
Reste à savoir jusqu’où iront ces trains de réformes ?

Le 26/04/2016 Par Karim Zeidane