Fermer

Algérie: le creusement du déficit inquiète

Publié le 08/05/2016 à 10h31 Par Karim Zeidane

#Economie
ministère des finances

Ministère des Finances.

© Copyright : DR

#Algérie : Le déficit budgétaire des deux premiers mois de l’année en cours est en hausse de 240% à 1404 milliards de dinars, soit environ 13 milliards de dollars. Conséquence, le Fonds de régulation des recettes (FRR) qui finance les déficits budgétaires risque de s’épuiser avant la fin de l’année.

Décidément, le gouvernement algérien a du mal à maîtriser le niveau de son déficit du Trésor. Après un déficit en hausse de 6% à 3375,1 milliards de dinars algériens en 2015, contre 3186,1 milliards de dinars en 2014, l’Algérie vient d’afficher un déficit du Trésor abyssal de 1404 milliards de dinars (soit environ 13 milliards dollars) au titre des deux premiers mois de l’année en cours.

Ce niveau de déficit est en hausse de 240% par rapport à la même période de l’année dernière. C’est ce qui ressort des données publiées par le ministère des Finances.

Derrière ce creusement inquiétant du déficit, il y a l’effet combiné des deux facteurs. D’abord, au niveau des ressources budgétaires. A cause de la chute du baril de pétrole, la fiscalité pétrolière a baissé de 20,7% durant les deux premiers mois de l’année à 321,67 milliards de dinars.

De même, les ressources fiscales non pétrolières ont reculé de 24,70% à 392 milliards de dinars. Si les recettes ont baissé, les dépenses budgétaires ont explosé. Alors que dans le cadre de la loi de finances 2016 le gouvernement tablait sur une baisse des dépenses, celles-ci ont toutefois fortement progressé de 66,85% à 2040 milliards de dinars au titre des deux premiers mois de l’année.

Cette forte hausse résulte aussi biens de la hausse des dépenses de fonctionnement (+34% à 1256,5 milliards de dinars) que de l’explosion des dépenses d’équipements (+175% à 783,5 milliards de dinars). Conséquence, le solde budgétaire des deux premiers mois ressort avec un déficit de l’ordre de 1326,36 milliards de dinars, contre 328,17 milliards de dinars à la même période de l’année dernière.

En tenant compte également des soldes des comptes d’affectation spéciale et des opérations du Trésor, le déficit global du Trésor atteint 1403,86 milliards de dinars.

Pour financer ce déficit, l’Etat algérien puise dans les avoirs du Fonds de régulation des recettes (FRR), créé en 2000 pour épargner le différentiel entre le prix effectif du cours du baril de pétrole sur le marché et le prix prévisionnel établi pour la loi de finances. Ainsi, il ressort des données du ministère une ponction de 666 milliards de dinars durant les deux premiers mois de l’année. Pour rappel, au titre des 12 mois de l’année dernière, les prélèvements sur le fonds avaient atteint 2886 milliards de dinars.

Avec les nouvelles ponctions, les réserves du fonds s’établiraient à hauteur de 1500 milliards de dinars. Un niveau des réserves du fonds qui commence à inquiéter les autorités algériennes qui voient leur marge de manœuvre se réduire considérablement.

Pour autant, l’Algérie continue à consacrer d’importantes ressources financières à l’achat d’arment, ce qui devrait encore aggraver le niveau du déficit et réduire davantage le niveau du fonds de régulation, à moins que le cours du baril de pétrole se redresse d’ici la fin de l’année. Or, selon les conjoncturistes, le cours du baril de pétrole ne devrait pas s’éloigner des 40 dollars le baril en moyenne durant l’année en cours.

Face à cette situation, certains analystes avancent que le fonds va s’épuiser dès la fin de l’été de l’année en cours. D’où les voix qui s’élèvent de plus en plus, même au sein du sérail algérien, pour appeler à un recours au marché international des capitaux. Un tabou jusqu’à présent.

Le 08/05/2016 Par Karim Zeidane

à lire aussi