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Algérie: une figure de la guerre d’indépendance opposée au 5e mandat de Bouteflika claque la porte du Sénat

Mise à jour le 21/10/2018 à 15h19 Publié le 21/10/2018 à 15h16 Par Karim Zeidane

#Politique
Louisette Ighilahriz

Louisette Ighilahriz.

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#Algérie : Louisette Ighilahriz, une figure de la guerre d’indépendance d’Algérie, vient de claquer la porte du Sénat. Elle proteste ainsi contre le 5e mandat de Bouteflika et juge anticonstitutionnelle la destitution du président de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Le 5e mandat que les dirigeants du FLN et du RND souhaitent que le président Abdelaziz Bouteflika brigue à la tête de l’Algérie est loin de faire l’unanimité, même au sein du parti au pouvoir et des Moudjahid.

Pour preuve, la Moudjahida Louisette Ighilahriz vient de démissionner du Conseil de la nation, la chambre haute du parlement algérien, pour protester contre la tentative d’imposer un 5e mandat présidentiel successif aux Algériens.

Dans sa lettre de démission, dont elle El Watan a laissé filtrer quelques extraits, elle explique clairement son opposition au 5e mandat. «Je ne suis pas convaincue pour ma participation à un 5e mandat. Donc, je suis contre», souligne-t-elle, ajoutant que «ce n’est pas le président qui parle, c’est un groupe qui parle en son nom». «Je garde toutes mes facultés, mais je ne peux pas voter pour quelqu’un d’invisible. Le président est pris en otage», a-t-elle martelé, expliquant qu’elle ne «peut pas défendre ce mensonge».


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Elle rejoint ainsi les déclarations polémiques de l’ancien ambassadeur et ex-chef de la DGSE française, Bajolet,qui a annoncé dernièrement que le président Bouteflika est «maintenu en vie artificiellement», indexant la classe dirigeante qui entoure le président.

Elle dénonce aussi un 4e mandat qui se termine très mal avec l’affaire de la cocaïne, la chkara, la mise sous mandat de dépôt de généraux-majors et les transferts illicites d’argent dans des banques à l’étranger.

Outre le 5e mandat de Bouteflika, l’ancienne Moudjahida, âgée de 82 ans, critique aussi la gestion étouffante du Sénat qui empêche toute prise d’initiatives. De même, elle critique ouvertement la «mascarade» de destitution de Saïd Bouhadja, président de l’APN, jugeant celle-ci anticonstitutionnelle.

Le 21/10/2018 Par Karim Zeidane

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