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Vidéos. Algérie: qui, de Gaïd Salah, ou du peuple, est "l'Homme fort" du pays?

Mise à jour le 05/04/2019 à 16h37 Publié le 05/04/2019 à 16h35 Par Mar Bassine

#Politique
Faire dégager le système y compris Gaid Salah
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#Algérie : La passe d'armes qui a conduit Bouteflika à la démission, montre qu'en Algérie, à la tête du système que combattent les manifestants se trouve le général Ahmed Gaïd Salah. Mais le chef d'état-major de l'armée algérienne semble donner des sueurs froides à tout le monde.


Au sixième vendredi de manifestation, on s'attendait à ce que la rue rejette la proposition du général Ahmed Gaïd Salah qui avait demandé l'application de l'article 102. Avec ce septième vendredi, malgré la chute de Bouteflika sur pression de l'armée, les Algériens continuent de dire non à ce général à la tête de l'armée algérienne, et ce, de façon franche et massive. 



Enjeu des manifestations de ce vendredi 5 avril: faire "dégager" tout le système.

Or, la tournure que prennent les évènements en Algérie montre qu'à la tête de ce système se trouve, en fait, non pas Bouteflika comme on l'a laissé croire, mais Ahmed GaÏd Salah lui-même. 



Le vice-ministre de la Défense a affirmé à de nombreuses reprises que l'armée est aux côtés du peuple.

Toutefois, la dernière passe d'armes avec le clan Bouteflika, qui a d'ailleurs poussé le chef de l'Etat à la démission, montre en fait que Ahmed Gaïd Salah est le vrai chef qui dirige le pays. 



D'ailleurs, avant de partir, Bouteflika a été contraint d'accéder à sa demande de limoger le chef des services secrets, le général Athmane Tartag, alias "Bachir", un fidèle parmi les fidèles de Saïd Bouteflika.

Faisant valoir sa dépendance hiérarchique vis-à-vis de la présidence de la République, Athmane Tartag a toujours manoeuvré contre le général Gaïd Salah.

Avec la signature du décret de son limogeage, Bouteflika offre un dernier scalp à Ahmed Gaïd Salah, qui est réellement au sommet du système. 

Etonnamment, pour ce vendredi, les principaux noms que citent les manifestants sont ceux trois haut responsables à la tête de l'Etat algérien, dont les initiales commencent par "B", et que les manifestants ont donc nommé les "3B": Abdelkader Bensalah, président du Sénat, Tayeb Belaiz, président du Conseil Constitutionnel et Noureddine Bedoui, le nouveau Premier ministre.

Ahmed Gaïd Salah est donc, de fait, épargné par la plupart des manifestants.

Les rares qui lui adressent des critiques le font en tout anonymat, et s'évitent ainsi prudemment les foudres des services secrets qui sont désormais sous ses ordres.

En effet, le général Bouzit dit "Youssef", le remplaçant du général Tartag, est entièrement acquis à la cause de Gaïd Salah. 

Quoi qu'il en soit, le succès des manifestations du ce 7e vendredi consécutif montre que le vrai "homme fort" est la rue et non Ahmed Gaïd Salah. 
Le 05/04/2019 Par Mar Bassine