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Pétrole à 48 dollars: l'Algérie, le Nigeria et l'Angola face à des cours historiquement bas

Mise à jour le 07/03/2020 à 13h49 Publié le 06/03/2020 à 14h44 Par Mar Bassine

#Politique
petrole
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#Algérie : On a assisté ce vendredi 6 mars a une nouvelle chute historique des cours du baril de pétrole. Les pays africains producteurs comme l'Algérie, le Nigeria et l'Angola ont une pénible année en perspective si les cours se maintiennent à leur niveau.


Il faut remonter au mois de juillet 2017 pour voir des cours du pétrole à un niveau aussi bas. Ce vendredi 6 mars, le baril de Brent de la mer du Nord a atteint 47,73 dollars au marché de Londres, aux environs de 11h00 GMT.

Ce prix a été atteint au terme d'une phase baissière qui a débuté il y a trois jours, mais qui s'inscrit dans une tendance plus lourde liée à l'apparition de l'épidémie de Coronavirus. 

La baisse pourrait s'accentuer au rythme des nouvelles liées à la propagation du Covid-19. Et encore aujourd'hui, ces nouvelles ne sont pas bonnes, puisque le monde entier se prépare à une pandémie de grande envergure. La question n'est plus de savoir si tel ou tel endroit du monde sera atteint, mais quand et quelle en sera l'ampleur. 


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Si les pays importateurs nets d'hydrocarbures, comme le Maroc, le Sénégal, l'Ethiopie et le Kenya, se réjouissent de cette chute, les producteurs exportateurs dont l'Algérie, le Nigeria et l'Angola font grise mine. 


Cours du pétrole
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Dans la conception de son budget 2020, l'Algérie tablait sur un baril de Brent à 60 dollars, ce qui est relativement loin du niveau actuel. Or, même avec 60 dollars, l'équilibre n'aurait pu être atteint ni pour le budget public, ni pour la balance extérieure.

L’ex-ministre algérien des Finances, Mohamed Loukal, a indiqué jeudi 7 novembre devant les députés lors d’une séance de questions-réponses relatives au projet de loi de finances 2020 que le déficit du budget de l’État était de 1.533 milliards de dinars (11,7 milliards d’euros, soit 7% du PIB), alors que celui du Trésor s’élevait à 2.435 milliards de dinars (18,4 milliards d’euros, soit 11,4% du PIB).


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Loukal a expliqué la différence de près de 900 milliards de dinars (6,8 milliards d’euros) entre ces deux déficits par la couverture, par le Trésor, du déficit de la Caisse nationale des retraites (CNR) qu’il estime désormais à 700 milliards de dinars (5,3 milliards d’euros) par an. 

"Avec l’absence de réserves à court terme et la non-application de réformes à moyen et long termes, il pourrait atteindre les 800 milliards de dinars [6 milliards d’euros, ndlr] en 2021 et se creusera avec une moyenne annuelle de 2,5%, voire 3% tout au long de la prochaine décennie", a affirmé le ministre. 

Selon lui, "il n’était plus possible de compter sur le concours du budget de l’État pour couvrir ce déficit de manière entière et permanente".

Ce constat pour l'Algérie est valable aussi bien pour le Nigeria que pour l'Angola. Les trois pays devront accélérer leur recours au financement international, auprès de la Banque mondiale, du FMI, de la Banque africaine de développement ou encore des fonds arabes. 

Depuis hier jeudi 5 mars, les ministres des pays producteurs de pétrole, ceux de l'OPEP et hors-OPEP, sont réunis à Viennes en Autriche, dans le cadre d'une rencontre qui se termine aujourd'hui vendredi 6, laquelle est présidée par le ministre algérien de l'Energie, Mohamed Arkab. 

Ce dernier n'a pas caché son inquiétude dans ses déclarations préliminaires. "Au regard de la situation du marché pétrolier qui est extrêmement grave, l’Algérie appelle à une action concrète, crédible, solidaire et rapide afin de ne pas anéantir l'ensemble des efforts consentis depuis 2016 par les pays signataires de la Déclaration de coopération", a-t-il déclaré avant de se rendre à Viennes. 

Il a notamment rappelé que les prix actuels sont très loin des 65 dollars du début de l'année, ce qui risque de nuire aux économies de l'ensemble des pays producteurs. 

Depuis la chute des prix du pétrole en 2014, les réserves de change du pays sont passées de 179 milliards de dollars fin 2017, à 62 milliards en décembre 2019, selon les notes de conjoncture de la Banque d’Algérie pour les mêmes périodes.
Le 06/03/2020 Par Mar Bassine