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Vidéo. Algérie: déclaration accablante de plusieurs ONG sur la situation des droits de l’Homme

Mise à jour le 01/03/2021 à 22h11 Publié le 01/03/2021 à 19h06 Par Moussa Diop

#Politique
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Vendredi 26 février marque le retour du Hirak.

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#Algérie : Les atteintes aux droits humains en Algérie ont provoqué une déclaration conjointe de plusieurs ONG en marge de la session de Genève consacré à ce sujet. Le document lu par un représentant de l’Institut du Caire pour les droits de l’Homme accable le régime algérien.

C’est une énième condamnation des atteintes des droits humains en Algérie. Cette fois, en marge de la session de Genève des Droits de l’Homme, ce sont de nombreuses Organisations non gouvernementales (ONG) qui tirent la sonnette d’alarme sur la situation dramatique en Algérie.

Arrestations arbitraires et illégales, détentions et harcèlements judiciaires de journalistes, de défenseurs des droits de l’Homme, de la société civile et de militants pacifiques,…, tout a été passé au crible par la société civile mondiale représentée par ces différentes organisations réunies à Genève.


Dans une déclaration conjointe lue par une représentante de l’Institut du Caire pour les études des droits de l'homme (CIHRS), une organisation non-gouvernementale (ONG) régionale fondée en 1994, qui a pour objectif de promouvoir le respect des droits de l’homme et la démocratie par l’analyse des obstacles à la mise en oeuvre du droit international des droits de l’homme, les organisations ont énuméré un chapelet d’atteintes des droits de l’homme en Algérie.

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Elles sont ainsi revenues sur les arrestations arbitraires qui ont marqué 2020 et qui continuent de plus belle en 2021. D’ailleurs, Ouargla est le théâtre, depuis dimanche d’émeutes consécutives à la lourde condamnation à 7 ans de prison ferme d’Amer Guerrache, poète et activiste du mouvement de contestation populaire.

Selon les données collectées par le Comité national pour la libération des détenus (Cnld), Amnesty International a rappelé, à la veille de la célébration du second anniversaire du mouvement populaire pacifique, le 22 février dernier, que plus de 2.500 personnes ont été arrêtées depuis l’avènement du Hirak pour avoir simplement manifesté pacifiquement contre le régime en place. Et parmi ces personnes, 350 ont passé au moins une semaine en prison alors que 75 sont toujours en prison. Certains ont été condamnés à de lourdes peines de prison ferme lors des procès rocambolesques.

Dans leur déclaration, les ONG ont aussi évoqué le cas de Walid Nekkiche, un étudiant démocrate de 25 ans, qui a affirmé avoir été torturé et agressé physiquement et sexuellement par des membres des services de sécurité. Une déclaration qui a soulevé l’indignation en Algérie,poussant le parquet général de la Cour d’appel d'Alger à ouvrir une enquête. Une situation qui prouve l’existence de torture et des conditions carcérales inhumaines des détenus dans les geôles algériennes.

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Une pratique utilisée par les autorités pour intimider les voix critiques des journalistes, blogueurs et défenseurs des droits humains.

Les défenseurs des droits de l’homme sont aussi revenus sur les nombreuses atteintes à la liberté d’expression avec notamment les nombreuses arrestations de journalistes et bloggeurs.

Plusieurs journalistes et militants emblématiques de la liberté d’expression comme Khalid Drareni, correspondant de la chaîne française TV5 Monde, ont été emprisonnés en 2020.

La répression a également touché la presse en ligne avec 16 sites indépendants d’information purement et simplement bloqués. De même, plusieurs personnes ont été poursuivies pour avoir publié, principalement via Facebook, des messages critiques envers le régime, mais qui ne comportaient aucun appel à a violence ou à la haine, selon Amnesty. 

A ce titre, les ONG ont condamné le nouveau Code pénal adopté en 2020 qui, selon eux, porte en lui-même les germes de l’atteinte aux droits fondamentaux des journalistes et bloggeurs en ce sens que l’amendement adopté en avril dernier autorise la criminalisation de la liberté d’expression.

A ce titre, les avocats ont fait état d’’arrestation de nombreux journalistes algériens dont le seul crime était d’avoir exercer leur droit d’expression.

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Face à cette situation, les ONG souhaitent que des mesures appropriées soient prises pour garantir à tous les Algériens le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Cette déclaration des ONG intervient trois jours après la sortie du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU demandant officiellement à l’Algérie de libérer immédiatement les détenus du Hirak.

Rappelons également qu’en novembre 2020, le Parlement européen avait lui aussi condamné fermement les atteintes aux droits de l’Homme en Algérie.

Le 01/03/2021 Par Moussa Diop