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Algérie: 20% des Algériens pensent que le "salafisme scientifique" est une solution

Mise à jour le 30/01/2018 à 15h24 Publié le 30/01/2018 à 12h30 Par Karim Zeidane

#Société
Laicité
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#Algérie : Le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle d’Oran a rendu les résultats de son enquête sur la société algérienne et la religion. Si globalement, les Algériens sont favorables à un "islam laïc", ils sont aussi nombreux à penser que le "salafisme scientifique" est une solution.

Globalement, les résultats du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) d’Oran ont été bien accueillis par les médias algériens, qui ont tous mis l’accent sur le fait qu’une grande partie des Algériens sondés sont favorables à un «islam laïc».

En effet, selon les résultats de l’enquête, 64% des sondés estiment que l’«l’islam laïc» est à privilégier sur le plan national. Mais seuls 15% des sondés souhaitent un «Etat laïc» comme unique système permettant la réalisation de la justice sociale et l’accélération des réformes économiques et politiques.

Ainsi, l’étude démontre que l’opinion publique algérienne est loin d’être acquise à l’idée d’Etat civil dans sa conception occidentale, mais qu'elle a globalement tourné le dos à l’islamisme politique.

En clair, comme l’explique Mustapha Fethi, chercheur ayant pris part à la réalisation de cette enquête, «beaucoup d’Algériens sont convaincus de la nécessité d’adopter une laïcité religieuse au lieu de l’Etat islamique. Ils citent comme exemple la Turquie et ce qui se passe actuellement dans les pays arabes».

Reste qu’avec 20% des sondés favorables à l’adoption d’un «salafisme scientifique» comme système, on se demande si le rêve du Front islamique du salut (FIS) de créer un «Etat islamique» durant les années 1990 est aujourd’hui dépassé.

Les résultats de cette enquête ont certes été influencés par les dégâts causés par les mouvements islamistes durant les révolutions arabes et l’Etat islamique dans de nombreux pays. Mais il n’en demeure pas moins que le rejet d’un «Etat islamique» est loin d’être acquis.
Le 30/01/2018 Par Karim Zeidane