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Nigeria: une dévaluation déguisée du naira face au dollar

Mise à jour le 21/06/2016 à 13h33 Publié le 21/06/2016 à 13h28 Par Kofi Gabriel

#Economie
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#Autres pays : Moins d’une semaine après la décision du gouvernement nigérian de laisser flotter la monnaie nationale, le naira a chuté de près de 33% par rapport au dollar. Une chute qui a l’air d’une dévaluation déguisée.

La première économie africaine montre une fois de plus qu’il est un géant aux pieds d’argile. La chute des cours du pétrole et, donc, des recettes ont fortement ralenti l’économie nigériane et asséché ses réserves en devises. Face à cette situation, la monnaie nationale nigériane, le naira, n’a pu maintenir un semblant de stabilité que grâce à taux fixe vis-à-vis du dollar américain.

Toutefois, face à l’enracinement de la crise consécutive à un baril de pétrole très bas alors que le pays a l’un des coûts de production de pétrole parmi les plus élevés du monde, le gouvernement a fini par lâcher du lest en décidant la semaine dernière de laisser flotter le naira face au billet vert.

Suite à cette décision, même si le gouvernement ne parle pas de dévaluation, la chute du naira de ce lundi, ressemble fort à une dévaluation. On est ainsi passé le lundi matin à 262,5 nairas pour 1 dollar, contre 197-199 nairas pour 1 dollar la semaine précédente, soit une chute de 33%.

Ainsi, le taux de change du lundi était nettement plus bas que les 197 nairas que la banque centrale avaient maintenu ces 16 derniers mois.

La décision de la Banque centrale de laisser flotter le naira a été bien accueillie par les investisseurs et les investisseurs étrangers qui réclamaient une dévaluation depuis plusieurs mois alors que les pénuries de devises portaient un coup à la croissance économique et ont entrainé des fuites de capitaux à grande échelle.

Avec cette dévaluation déguisée, le Nigéria rejoint le camp des pays producteurs de pétrole qui ont été obligés de dévaluer leur monnaie à la suite de l’effondrement des prix du baril de pétrole dont la Russie, le Kazakhstan, l’Angola, etc.

Le 21/06/2016 Par Kofi Gabriel

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