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Cameroun: un fort potentiel touristique peu exploité

Publié le 30/09/2017 à 14h39 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Economie
yaounde
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#Autres pays : Le Cameroun compte plus de 800 sites touristiques recensés, dont deux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Toutefois, le pays n’arrive pas à véritablement capitaliser sur ces acquis. A peine 500.000 touristes visitent le pays chaque année. Les autorités cible le millions de visiteurs en 2019.

La célébration de la Journée mondiale du tourisme le 27 septembre dernier a été l’occasion de constater que le secteur est sous-exploité au Cameroun.

D’après les données du ministère du Tourisme et des loisirs, l’objectif fixé cette année est d’atteindre 500.000 visiteurs. Un chiffre que le pays envisage doubler d’ici 2019 pour le porter à un million avec, en perspective, l’organisation de la coupe d’Afrique des nations de football 2019.

Si le Cameroun semble enfin décidé à faire du secteur un moteur de son développement, c’est parce qu’il est rentable. Selon le ministère, avec un million de touristes, le pays gagnerait environ 75 milliards de FCFA de frais de visa, 10 milliards de FCFA de frais de timbres d'aéroport et 120 milliards de FCFA de taxes touristiques reversées à l'État du Cameroun. Un apport non négligeable dans l’économie, au regard de la morosité actuelle du climat des affaires.


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Et pourtant, considéré comme «une Afrique en miniature», le Cameroun a un énorme potentiel touristique qu’il n’arrive pas à suffisamment valoriser et exploiter à son avantage.

Selon un rapport de la Banque Mondial en 2015, le pays enregistre environ 800 sites touristiques dont deux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit de la Réserve de la faune du Dja et le Trinational de la Sangha. Douze autres sont en attente de validation.

Au plan social, le Cameroun est riche d’une diversité culturelle avec plus de 200 tribus regroupant les principales aires culturelles africaines: les Soudano-sahélien, les peuples de la côte, ceux des Grassfield, etc.

Certes, selon le ministère du tourisme, l’activité a progressé depuis 2016 avec plus de 560 milliards de FCFA de recettes. Ce qui correspondait à 5,3% du produit intérieur brut (PIB) la même année, contre 3,1% en 2015.


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Mais le pays, de l’avis des experts, peut faire beaucoup mieux. Il semble manquer de véritable volonté politique. Il faut cependant reconnaitre que le contexte sociopolitique a généré ces derniers mois des freins au développement du secteur touristique. Entre autres, la lutte contre la secte terroriste Boko Haram dans la partie septentrionale du pays et la crise actuelle dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Par ailleurs sur le plan administratif, il y a une coordination difficile entre les différentes entités publiques impliquées dans les activités touristiques. «Il faut améliorer la qualité des prestations, former les personnels dans les hôtels, amener ces hôtels à prendre des mesures de sécurité pour nos différents hôtes, etc.», déclare notamment Daniel Nganhoul, directeur de la promotion au ministère du tourisme. Dans le même ordre d’idées, certains sites souffrent d’un manque d’aménagement adéquat et d’une communication insuffisante sur ces destinations.
Le 30/09/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

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