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Afrique du Sud: la capitale Pretoria dirigée par l'opposition, une première

Publié le 21/08/2016 à 11h00 Par Mar Bassine

#Politique
Afrique du Sud la capitale prétoria dirigée pour la première fois par l'opposition
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#Autres pays : La capitale sud-africaine Pretoria est officiellement dirigée depuis vendredi par un maire de l'opposition, une première depuis l'arrivée de l'ANC au pouvoir en 1994, qui fait suite aux revers enregistrés par le parti historique de Nelson Mandela aux élections municipales début août.

Solly Msimanga, candidat de l'Alliance démocratique, principal parti d'opposition en Afrique du Sud, a été élu à la tête de la mairie de Tshwane qui englobe la capitale Pretoria, sans vote puisqu'aucun autre candidat ne s'était présenté contre lui.

Lors de l'élection du 3 août, la DA avait obtenu 93 sièges (sur 214) contre 89 au Congrès national africain (ANC) et 25 pour les Combattants pour la liberté économique (EFF) qui se retrouvait en position de faiseur de roi.

Mercredi, l'EFF de Julius Malema avait annoncé qu'elle voterait pour le candidat de la DA à Tshwane. L'ANC n'a donc pas présenté de candidat, vendredi, le scrutin étant mathématiquement perdu d'avance.


Une première depuis la fin de l'apartheid 


C'est la première fois depuis l'avènement de la démocratie à la fin de la dictature raciste de l'apartheid que la capitale sud-africaine n'est pas dirigée par un maire de l'ANC.

"Le changement est arrivé à Tshwane. Ne soyez pas mauvais perdants, je pense que vous pouvez apprendre une chose ou deux en termes d'humilité", a lancé le nouveau maire noir de 36 ans aux conseillers municipaux de l'ANC qui perturbaient le début de son discours d'intronisation, retransmis à la télévision.

"Les gens de Tshwane en ont marre de la corruption, ils en ont marre de voir des milliards disparaître. Ils ont décidé du chemin qu'ils souhaitaient pour leur ville et ce n'est pas celui de ces dernières années", a ajouté ce fervent chrétien qui a grandi à Atteridgeville, un township de la capitale sud-africaine.


Conséquence du revers de l'ANC


L'ANC, le parti historique de l'ex-président Nelson Mandela, a essuyé un revers sans précédent lors des élections municipales du 3 août, en enregistrant le score le plus bas de son histoire au niveau national, avec moins de 54% des voix.

A la suite de ces élections, il ne possède la majorité absolue que dans une seule des six plus grandes métropoles du pays, Durban (sud).


Une autre bastion est également tombé


Jeudi, un bastion symbolique de la lutte anti-apartheid est également officiellement tombé aux mains de la DA.

A Nelson Mandela Bay (sud), sixième métropole du pays qui englobe la cité industrielle de Port Elizabeth, c'est Athol Trollip, un ancien fermier blanc de la région qui a été élu maire, avec le soutien de plusieurs petits partis.

Plusieurs élus de l'ANC avaient pourtant tenté, en vain, de perturber le vote jeudi, a constaté un correspondant de l'AFP.


Le Cap a été le premier à tomber


Tshwane et Nelson Mandela Bay s'ajoutent à la ville du Cap déjà gouvernée par la DA depuis dix ans, et pourraient être imitées lundi par Johannesburg, plus grande métropole du pays qui pourrait aussi élire un maire issu de la DA, là encore avec le soutien de l'EFF.

Le parti de Julius Malema a cependant expliqué mercredi que leur soutien ne signifiait pas qu'ils entraient dans un gouvernement de coalition avec la DA.


Entente au cas par cas avec Julius Malema


Les maires élus devront ainsi trouver des points d'entente au cas par cas avec l'EFF.

Vendredi à Rustenburg (nord-ouest), la métropole de la tristement célèbre ville de Marikana où 34 mineurs en grève ont été tués par la police en 2012, l'élection du conseil municipal a également été perturbée, selon le site internet sud-africain News24.

Des partisans de l'EFF et de l'ANC se sont affrontés devant le conseil municipal de cette ville que le parti au pouvoir a pu garder d'extrême justesse, grâce à une coalition.

Plusieurs analystes expliquent le recul de l'ANC dans les urnes par les scandales de corruption qui entourent le deuxième mandat du président Jacob Zuma. Mais le parti a exclu ces derniers jours toute démission du chef de l'Etat.
Le 21/08/2016 Par Mar Bassine

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