Fermer

Centrafrique: s'attaquer aux finances, l'ultime solution contre les groupes armés

Mise à jour le 28/09/2017 à 11h18 Publié le 28/09/2017 à 09h59 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Centrafrique: des milliers de personnes fuient le nord-ouest à cause de violences
© Copyright : DR

#Autres pays : En Centrafrique, jusqu'ici, aucune parade efficace n'a été trouvée contre les bandes armées qui sèment la mort sur leur passage. International Crisis Group, le think tank américain, préconise de les priver de leurs financements en s'attaquant aux trafics dont elles tirent profit.

Il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés en Centrafrique, qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles, estime un rapport du centre d'analyse International Crisis Group (ICG) jeudi 28 septembre alors qu'un regain de violences ravage le pays depuis plusieurs mois. 

Le groupe de réflexion estime que la lutte contre "les trafics les plus rémunérateurs" (diamants, or, bétail...) doit être au coeur de la stratégie de sortie de crise.

Pour l'ICG, une "reprise, par des forces internationales, des principaux sites miniers" de l'est du pays, "présenterait plusieurs avantages": priver les groupes armés de ce financement, "éroder le soutien des acteurs du diamant" qui commercent avec les groupes armés, et relancer la filière minière pour redonner de l'emploi aux jeunes et désolidariser les acteurs économiques des groupes armés.


LIRE AUSSI: Centrafrique: des milliers de personnes fuient le nord-ouest à cause de violences

Concernant le trafic de bétail, ICG appelle la Centrafrique à plus de coopération avec les pays voisins, Cameroun en tête, qui sont "des filières d'écoulement du bétail volé".

Le centre de recherche souligne que le mandat actuel de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) est "flou" sur la question des trafics.

Le regain de violences depuis plusieurs mois en Centrafrique a causé des centaines de morts. Selon l'ONU, un quart des 4,5 millions d'habitants a fui son lieu de vie, plus haut pourcentage "jamais observé" dans un pays empêtré dans des violences depuis 2013.


LIRE AUSSI: Centrafrique: au moins 25 morts dans de nouveaux affrontements

Les interventions de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont certes permis un retour du calme à Bangui, mais pas dans les provinces, qui restent majoritairement contrôlées par les groupes armés.

Pour l'ICG, une plus forte présence de Casques bleus - demandée par le président Touadéra et certains cadres de l'ONU avant le très probable renouvellement de la Minusca en novembre - sera "insuffisante".

L'ONU doit aussi, selon le centre de recherche, donner les moyens à ses Casques bleus de traquer les trafics de ressources et d'arrêter les "seigneurs de guerre", par un renforcement de la "capacité de renseignement et d'arrestation rapide".

L'ICG propose un "mécanisme de vérification" et d'identification des leaders de groupes armés pour "éviter de (les) propulser dans le processus politique, même local".

L'ICG suggère au président Touadéra, qui a appelé devant l'ONU la communauté internationale à "ne pas oublier" la Centrafrique, de faire preuve de "courage politique" et reconnaître les crimes commis par les précédents présidents - Michel Djotodia et François Bozizé en tête - "afin de tirer un trait sur le passé et d'ouvrir une nouvelle page".

Le 28/09/2017 Par Le360 Afrique - Afp

à lire aussi