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Liberia. la page Sirleaf se ferme, pour que s'ouvre, peut-être, celle de Weah

Mise à jour le 11/10/2017 à 08h58 Publié le 10/10/2017 à 12h15 Par Mar Bassine

#Politique
Liberia: la Page Sirleaf se tourne pour peut-être de Weah
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#Autres pays : Ce mardi 10 octobre se tient l'élection présidentielle au Liberia. Une nouvelle page devrait s'ouvrir pour le pays tant la dualité entre l'actuelle présidente et son probable successeur est frappante. Un homme succédera à une femme et un «autochtone» à l'oligarchie des descendants d'esclaves.


Ce mardi, plus de deux millions de Libériens sont convoqués aux urnes pour élire leur président. Même s'ils ont le choix entre plusieurs candidats, ce sera probablement un homme qui viendra remplacer la femme à la tête de l'Etat libérien depuis 10 ans. Il pourrait y avoir des surprises, comme le prédisent beaucoup d'observateurs. Cependant deux noms sont le plus souvent cités.

D'une part, il y a l'actuel vice-président Joseph Boakai du parti Unity d'Ellen Johnson Sirleaf. D'autre part, le nom qui revient le plus souvent est celui de George Weah, l'unique africain ballon d'or mondial, ancienne star du football. L'actuel sénateur sous les couleurs du Congrès pour le changement démocratique (CDC-Congres for democratic change) a bien réussi sa reconversion politique. 
 


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Boakai et Weah sont crédités respectivement de 33,8% et 21,1% d'intentions de vote, selon un sondage de la Liberia Holding Consortium. Un autre cabinet de sondage, international cette fois, donne Weah vainqueur avec 24% des voix, contre 21% pour Boakai. Mais, toujours est-il, qu'ils sont les deux seuls favoris. 

Si l'un de ces deux personnages politiques passe, il y aura un changement à deux niveaux. D'abord, un homme remplacera une femme à la tête du pays. Ce qui sera sans doute une bonne nouvelle pour les femmes libériennes, si l'on s'en tient au discours politique qu'ils tiennent. Ils ont tous deux l'intension de mieux faire que Sirleaf qui a, quelque peu, échoué sur ce terrain. En effet, même si Ellen Sirleaf a fait plus de place aux femmes, sur le plan politique rien n'a changé, comme en témoigne la liste de candidats. Beaucoup s'attendait à ce qu'elle fasse voter une loi sur la parité, comme c'est le cas au Sénégal, mais elle n'a rien fait. 

Ensuite, le second changement est encore plus important aux yeux des Libériens auchtochtones. Puisque Weah et Boakai sont des "natifs" et non des descendants des anciens esclaves libérés, qui ont donné au pays son nom. Les descendants de ces fondateurs du Liberia constituent une élite qui ne représente pas plus de 1% seulement de la population. Cependant, ce sont eux qui dirigent le pays pratiquement depuis plus de 170 ans d'indépendance. D'ailleurs, cette dualité fut l'une des raisons de la meurtrière guerre civile. 
 


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Bien sûr d'autres noms émergent, notamment celui de l'ancien directeur de Coca Cola Afrique, Alexander Cummings, 61 ans, qui est le favori des médias internationaux, mais qui n'est crédité que de 2% d'ntentions de vote, malgré sa campagne à l'américaine qui l'a amené à parcourir les 17 départements électoraux du pays avec son épouse. 

Mais, c'est surtout le juge Charles Walker Brumskine, 66 ans, du Liberty Party qui est le plus sérieux challenger de Weah et Boakai, puisque plus de 12 à 13% des électeurs pencheraient pour lui. 

Il y a également la benjamine des candidats de cette élection, Macdella Cooper, 40 ans. Cette jeune femme qui fut réfugiée en Côte d'Ivoire lors du conflit libérien est un pur produit des universités américaines qu'elle a intègré au milieu des années 1990. Cependant, ses chances sont minces d'être la deuxième femme présidente du Liberia à l'issue de ce scrutin. 

Mais quel que soit le candidat qui passe, ces élections sont aussi synonymes de défi démocratique et de lutte contre la corruption, deux autres points sur lesquels Ellen Johnson Sirleaf semble avoir échoué. En effet, parmi les candidats, figurent d'anciens chefs de guerre comme Prince Yormie Johnson, actuel sénateur. Mais au Liberia, on s'est bien accomodé de cette triste réalité, car même Ellen Searleaf Johnson, herself, a été citée dans plusieurs rapports sur les crimes de guerre. 

Le 10/10/2017 Par Mar Bassine

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