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Liberia. Présidentielle: la Cour suprême va se prononcer sur la tenue d'un second tour

Mise à jour le 06/11/2017 à 11h18 Publié le 06/11/2017 à 08h55 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
George Weah

Georges Weah, favori de l'élection présidentielle.

© Copyright : DR

#Autres pays : Les Libériens attendent avec inquiétude une décision de la Cour suprême sur la date du second tour de l'élection présidentielle, après des plaintes pour fraude au premier tour.

Lundi 6 novembre, la Cour doit décider de la date du second tour de l'élection présidentielle, initialement prévu le mardi 7 novembre. Deux options s'offrent à elle: programmer une nouvelle date ou prolonger le processus électoral jusqu'à l'examen final de la plainte déposée par les opposants du Parti de la liberté.

Le duel final devant opposer l'ex-star internationale de football, Georges Weah, de la Coalition pour le changement démocratique (CDC), au vice-président sortant Joseph Boakai, du Parti de l'unité, au pouvoir - ils ont obtenu respectivement 38,4% et 28,8% des voix au premier tour -, est donc à ce stade incertain.

Le Parti de la liberté de Charles Brumskine, arrivé troisième le 10 octobre avec 9,6% des suffrages, a immédiatement dénoncé des fraudes et des irrégularités. Soutenu par Boakai, il réclame que l'ensemble du processus électoral soit remis à plat.

Le président de la Commission électorale nationale (NEC) Jerome Korkoya a déjà affirmé que la date du 7 novembre était un objectif "qu'il ne semble pas possible d'atteindre" après que les préparatifs du scrutin ont été suspendus à la demande de son institution.

Gestion subtile

Parallèlement, Boakai et Brumskine ont accusé la présidente Ellen Johnson Sirleaf, élue une première fois en 2005 et qui ne peut se représenter après deux mandats successifs, "d'interférence dans les élections" en raison de sa rencontre avec les responsables de la Commission électorale avant le premier tour.


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Brumskine a réclamé que les membres de la NEC soient remplacés avant qu'un nouveau scrutin soit organisé. Il est allé jusqu'à accuser Mme Sirleaf d'être sur le point de replonger le Liberia dans une guerre civile comme celle qui a fait quelque 250.000 morts de 1989 à 2003.

"Le pays est plus divisé que jamais", affirme Rodney Sieh, rédacteur en chef du journal d'investigation Front Page Africa. "Les supporters de Weah estiment que Brumskine et les autres font durer le processus (électoral) alors que les autres pensent que la justice doit suivre son cours".

Des experts estiment cependant qu'un léger report du scrutin ne nuirait pas forcément au processus électoral mais il requiert une gestion subtile.

"Même s'il y a un report, si ça ne sape pas l'intégrité de l'ensemble du processus électoral, le peuple libérien aura toujours la possibilité de s'exprimer", affirme Christopher Fomunyoh, directeur régional de l'Institut national démocratique, une organisation non-gouvernementale américaine qui a déployé des observateurs au Liberia.

Pressions internationales

La communauté internationale, qui a accordé des milliards d'aide au Liberia depuis l'élection de Mme Sirleaf en 2005, espère voir parachever la première transition démocratique dans ce pays dont elle suit avec inquiétude la situation.


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Le président de l'Union africaine, Alpha Condé (Guinée), et le président togolais Faure Gnassingbe, président de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), ont fait pression sur les acteurs politiques pour une solution lors d'une brève visite au Liberia mercredi dernier, ont expliqué à l'AFP des sources diplomatiques et politiques.

Fomunyoh du NDI a loué l'action de l'organisation régionale. "Nous espérons que la Cédéao pourra continuer à faire sentir sa présence, pour encourager les hommes politiques libériens à respecter les lois et ne rien faire qui puisse saper la volonté du peuple libérien", a-t-il dit.

Les électeurs libériens s'inquiètent de leur côté des tensions en cours.

"Les Libériens ne veulent pas de problèmes. Nous avons connu quatorze ans de guerre civile dans le pays et nous savons ce que ça nous a coûté", affirme à l'AFP T. Klon Maxwell, un agent de sécurité à Monrovia.
Le 06/11/2017 Par Le360 Afrique - Afp

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