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Cameroun: l’ombre de la crise anglophone pèse sur la session parlementaire

Publié le 28/11/2017 à 16h45 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Politique
John Fru Ndi

John Fru Ndi, Chairman du Front social démocrate.

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#Autres pays : Après le boycott de la rentrée parlementaire et la perturbation des débats à l'Assemblée la semaine dernière, le Social Democratic Front (SDF) menace de mener d’autres actions d’éclat si le débat sur la crise n’est pas inscrit à l’ordre du jour de la session parlementaire en cours.

Après avoir été suspendus la semaine dernière, les travaux ont repris lundi 27 novembre au Parlement camerounais, où se tiennent les travaux de la 3e session parlementaire de l’année 2017.

Jeudi dernier, la séance avait été suspendue en raison de perturbations engagées par le Social Democratic Front, principal parti d’opposition. Celui-ci réclame l’ouverture d’un dialogue franc sur la crise anglophone qui sévit dans le pays depuis plus d’un an. Mais le thème n’est pas à l’ordre du jour, dans un Parlement dominé par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. Conséquence, l’opposition, emmenée par le SDF, menace de bloquer l’activité parlementaire.

Le SDF envisage notamment d’engager des actions pour bloquer les délibérations et la plénière, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, alors que le projet de loi de finances 2018 a été déposé lundi. Si les deux chambres du Parlement se sont déjà prononcées sur la recevabilité du texte, qui prévoit un budget de 4 513,5 milliards de francs CFA pour 2018 (en augmentation de 139,7 milliards de francs CFA par rapport à 2017), celui-ci sera examiné par la Commission des finances et du budget.

Le  projet de loi de finances repose par ailleurs sur des hypothèses de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 4,2%. De nouvelles perturbations de l’opposition ne sont pas à exclure lors du vote pour l’adoption du texte. Car pour le SDF, la priorité est ailleurs, les activités étant «paralysées» dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays.

Déjà, le parti de John Fru Ndi, proche des régions anglophones du pays, avait boycotté la séance plénière d’ouverture de la session parlementaire pour dénoncer la vie dans les zones anglophones. Selon le SDF, elle est devenue un «calvaire»: l'état de droit est au bord du gouffre, les droits de l’homme sont bafoués, le nombre de Camerounais d’origine anglophone se réfugiant au Nigeria va croissant, les tueries de masse, les enlèvements et les déportations sont légion.
Le 28/11/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne