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Cameroun. Crise anglophone: Paul Biya réorganise l’armée

Mise à jour le 24/02/2018 à 11h28 Publié le 24/02/2018 à 10h31 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Politique
crise anglophone
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#Autres pays : Une cinquième région militaire, avec poste de commandement à Bamenda, a été créée. Cette réorganisation arrive dans un contexte où la crise anglophone semble avoir viré à la guérilla, avec des attaques qui se multiplient contre les forces de défense camerounaises.

Le président camerounais, Paul Biya, a signé ce 21 février 2018 un décret portant réorganisation du commandement militaire territorial. Principale nouveauté du texte: la création d’une cinquième région militaire interarmées, avec poste de commandement à Bamenda, la capitale régionale du Nord-ouest et épicentre de la crise anglophone.

Cette région militaire a pour ressort territorial, les régions de l’Ouest et du Nord-ouest. Elle est placée sous le commandement du général de brigade Agha Robinson Ndong. La seconde région anglophone, le Sud-ouest, dépend de son côté de la deuxième région militaire interarmées qui a aussi pour ressort territorial le Littoral, avec poste de commandement à Douala, la métropole économique. Elle est dirigée par le général de division Saly Mohamadou.


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Si la dernière réorganisation du commandement militaire territorial camerounais qui date de 2014 répondait à un souci de mieux lutter contre la secte terroriste Boko Haram, cette dernière arrive dans un contexte où la crise anglophone semble avoir viré à la guérilla, avec des attaques qui se multiplient contre les forces de défense camerounaises qui ont déjà perdu de nombreux hommes.

Par ailleurs, l’enlèvement d’une autorité administrative, le sous-préfet de Batibo il y a quelques jours, reste aussi dans les mémoires. Selon des analystes, on pourrait s’attendre à un durcissement des affrontements, même si les officiels camerounais ont toujours clamé que l’armée était là pour assurer la protection des hommes et des biens.

C’est dans ce contexte également que s’est ouvert le jeudi 22 février 2018 à Bamenda, le congrès électif du Social democratic front (SDF), parti leader de l’opposition camerounaise.


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Pourtant proche des populations des régions anglophones où il tire la majorité de son vivier électoral, le rassemblement du parti a subi des menaces des sécessionnistes. Des menaces de troubles, annoncées via des tracts, qui ont obligé le SDF à délocaliser la tenue de ses assises au Palais des congrès de Bamenda. A

près le passage de témoin du leader charismatique du SDF, John Fru Ndi, le parti va choisir son candidat à la prochaine élection présidentielle parmi trois personnalités: Joshua Osih, actuel vice-président dans l’actuel Comité, Joseph Mbah Ndam, député de la Momo (Nord-ouest) et Simon Fobi Nchinda, de Bamenda III.
Le 24/02/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell