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Génocide rwandais: La France a "commis une très lourde faute" politique en 1994

Mise à jour le 01/07/2018 à 17h33 Publié le 01/07/2018 à 17h14 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Génocide rwandais: La France a "commis une très lourde faute" politique en 1994
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#Autres pays : L'ex-ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé dimanche 1er juillet que la France avait "commis une très lourde faute" politique au Rwanda en 1994, les "décideurs français n'ayant pas voulu voir" à l'époque qu'ils "étaient les amis des génocidaires" dans ce pays.


Dans un entretien au quotidien français La Croix, Bernard Kouchner -qui s'est rendu trois fois au Rwanda pendant le génocide en 1994 - affirme avoir appelé depuis Kigali le président français François Mitterrand pour "lui décrire la situation".

L'ex-humanitaire et ancien ministre des Affaires étrangères (2007-2010) explique avoir dit à François Mitterrand: "Ne croyez pas tout ce qu'on vous raconte. Le FPR (Front patriotique rwandais) n'est pas à la solde des Américains. Ils sont entrés au Rwanda au nom de leurs familles tuées par les Hutus depuis l'indépendance. Ici, nous sommes les amis des bourreaux. Il faut absolument arrêter tout ça".


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Selon lui, François Mitterrand lui a répondu : "Kouchner, vous exagérez, allons, je vous connais, vous exagérez". Pour Bernard Kouchner, la France a "commis une très lourde faute, une faute politique" au Rwanda. "Les décideurs n'ont pas voulu voir (...) qu'ils étaient amis des génocidaires ". "C'est l'énorme ambiguïté de la France au Rwanda", ajoute-t-il.

Entre avril et juillet 1994, quelque 800.000 personnes, selon l'ONU, ont été tuées au Rwanda, principalement au sein de la minorité tutsi.

Près d'un quart de siècle plus tard, le rôle joué par la France dans ce pays reste encore un sujet hautement polémique, objet de tensions récurrentes entre Paris et Kigali. Le président rwandais Paul Kagame, dirigeant le FPR qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide, a accusé les autorités françaises d'avoir soutenu le pouvoir hutu et d'avoir été un acteur des tueries. Paris a toujours démenti toute implication dans les massacres.
Le 01/07/2018 Par Le360 Afrique - Afp

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