Ethiopie: une soixantaine de cadres de l'armée et du renseignement arrêtées

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Le 14/11/2018 à 17h08, mis à jour le 14/11/2018 à 17h21

Le gouvernement éthiopien a arrêté 63 officiers de l’armée et des services de renseignement, accusés de corruption et de violation des droits de l’homme, a annoncé lundi le procureur général du pays, Berhanu Tsegaye.

Les arrestations de membres du puissant appareil de sécurité sont rares et représentent une nouvelle inflexion de la politique éthiopienne par le Premier ministre Abiy Ahmed, qui veut rompre avec le passé autoritaire du pays.

“Vingt-sept responsables ont été arrêtés pour corruption présumée, tandis que 36 ont été écroués pour violations présumées des droits de l’homme”, a déclaré Berhanu au cours d’une conférence de presse. “Une chasse à l’homme est en cours pour (retrouver) les suspects restants”, a-t-il ajouté.

Le procureur général n’a pas précisé l’identité des suspects mais il a indiqué que certains avaient déjà comparu devant la justice.

Les faits de corruption présumés ont eu lieu à la Metals and Engineering Corporation (METEC), une entreprise dirigée par l’armée, a-t-il souligné.

“Des responsable de METEC ont été impliqués dans l’achat de biens pour un montant de deux milliards de dollars (1,8 milliard d’euros), sans aucun appel d’offre”, a expliqué Berhanu Tsegaye. L’entreprise est notamment impliquée dans la construction du méga-barrage éthiopien de la Renaissance, sur le Nil Bleu.

Abiy avait publiquement admis plus tôt cette année que des responsables de la sécurité avaient en toute impunité commis des actes de torture et des violations des droits de l’homme.

Lundi, Berhanu a précisé quelques-unes des accusations de sévices dans des prisons secrètes de la capitale Addis Abeba et d’ailleurs.

“Les détenus subissaient divers sévices, dont le viol en réunion, la sodomie, l’exposition prolongée à une chaleur ou un froid extrêmes, le simulacre de noyade et la privation de lumière naturelle”, a-t-il détaillé.

Le procureur général a indiqué par ailleurs qu’un officier de renseignement -non identifié- était soupçonné d‘être impliqué dans l’attaque à la grenade lors d’un meeting en juin de Abiy, qui avait fait deux morts.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 14/11/2018 à 17h08, mis à jour le 14/11/2018 à 17h21