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Niger: la fraude pour intégrer la fonction publique

Publié le 21/04/2016 à 11h16 Par Souleymane Baba Toundé

#Société
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#Autres pays : Tous les moyens sont bons pour se faire enrôler dans la fonction publique nigérienne. Un vaste scandale de fraudes dans un concours de recrutement pour le compte du ministère de la Santé, a abouti à l’arrestation d’une vingtaine de personnes, dont une dizaine de responsables de l’administration.

Kiosque le360 afrique: Le scandale défraie la chronique, mais les journaux proches du gouvernement ont préféré ne pas l’évoquer dans leur livraison d’aujourd’hui. C’est plutôt le site d’information actuniger.com qui revient le plus largement sur cette affaire.

La publication explique en effet que «la fonction publique nigérienne avait organisé un concours de recrutement direct pour le compte du ministère de la Santé, à l’issue duquel 1.831 agents de santé ont été déclarés admis, mais qui a été par la suite annulé par les autorités pour fraudes constatées».

Selon le même journal, le président nigérien Mahamadou Issoufou aurait instruit à la police nationale de mener des investigations afin de débusquer les protagonistes à des fins de poursuites judicaires.

Plusieurs irrégularités ont été découvertes. Dans un point de presse tenu mardi soir à Niamey, le procureur de la République, Samna Chaïbou, a affirmé que les investigations qui ont porté sur à peu près 28.000 copies des 14.000 candidats ayant concouru, ont mis en évidence divers indices de fraudes. «Il est apparu que des personnes n’ayant pas composé se sont retrouvées sur la liste des admis avec des notes de 17/20. Pire, il y a de bons candidats dont les notes ont été interverties pour permettre à d’autres qui ont des mauvaises notes d’être sur la liste des admis, moyennant bakchich», explique-t-on sur actuniger.com.

Ainsi, suite aux investigations menées par la police judiciaire, 10 responsables, sur 24 interpellations, ont été déférées, et 8 autres ont été inculpées pour, entre autres délits, «fraude aux examens» avec une peine d’emprisonnement allant d’un mois à 3 ans de prison.

Le chef d’accusation de «fait de corruption», puni d’une peine d’emprisonnement allant de 2 ans à 10 ans de prison, a aussi été prononcé, ainsi que celui d’«association de malfaiteurs», selon le procureur de la République.

Le journal électronique rappelle que cette affaire intervient quelques jours après l’investiture, le 2 avril dernier, du président Mahamadou Issoufou pour un second mandat de 5 ans. Le Chef d’Etat réélu avait renouvelé, dans son discours de campagne et d’investiture, son engagement de mener une lutte implacable contre le phénomène de la corruption au Niger.

Le 21/04/2016 Par Souleymane Baba Toundé

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