Fermer

Burkina Faso: l’opposition dénonce la fermeture des organes de presse

Mise à jour le 31/03/2017 à 16h40 Publié le 31/03/2017 à 15h07 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé

#Société
Fermetures des medias burkinabè: le Chef de file de l’Opposition aux côtés des journalistes

Au Burkina l'Etat doit plus de 300 000 000 à la presse privée

© Copyright : DR

#Autres pays : Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition burkinabè, a rendu visite aux responsables de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP) jeudi 30 mars 2017, à Ouagadougou, afin d'apprendre ce qui a poussé certains journaux à fermer.

«La presse est un pilier de la démocratie et donc quand on assiste à la disparition des journaux cela doit susciter de l’inquiétude surtout au niveau de l’opposition. Comme on aime à le dire la presse est une lumière et quand elle s’éteint, c’est le pays qui rentre dans les ténèbres». C’est en ces termes que Zéphirin Diabréle, chef de file de l’opposition burkinabè (CFOP), s’est adressé aux journalistes lors de sa visite à la Société des éditeurs de la presse privée du Burkina Faso.

En effet, il a rencontré les acteurs de la presse, jeudi 30 mars 2017, à Ouagadougou, afin d’être au courant des différents problèmes auxquels la presse burkinabè fait face depuis un certain temps. Au cours de cette rencontre, beaucoup de problèmes ont été soulevés par le président de la SEP, Boureima Ouédraogo. Au nombre desquels on peut retenir, les factures en souffrance au niveau de l’Etat depuis près de 5 ans, la fermeture de certains journaux, la question de la TVA et celle de la publicité.

Pour Zéphirin Diabré, cela était utile de venir échanger avec la SEP et ses acteurs pour davantage de compréhension. «Au cours des échanges, il a été fait cas d’un certain nombre de problèmes, en particulier des factures en souffrance au niveau de l’Etat depuis près de 5 ans dont l’apuration semble prendre du temps. Or ces factures, si elles ne sont pas réglées, créent forcément des problèmes financiers pour ces structures de presse», a-t-il dit. Et d’ajouter que ces interlocuteurs avaient déjà soumis le problème au gouvernement.

Apurer ces factures qui tournent autour de 300 000 000 de F CFA

Pour sa part, il a joint sa voix à celle de l’opposition pour demander au gouvernement de trouver une solution rapide afin que des mesures soient prises pour apurer ces factures qui tournent autour de 300.000.000 de francs CFA (500.000 d'euros). «C’est une forte somme, mais je me dis que l’Etat doit trouver une solution. C’est une obligation parce que quand vous commandez des prestations à une entreprise, il faut s'acquitter de sa dette. Dans le cas contraire, comment voulez-vous qu’elle puisse fonctionner ?», s’est interrogé le chef de file de l’opposition burkinabè.

Il a aussi indiqué que la deuxième doléance des éditeurs de la presse privée est liée à la question de la TVA et de manière plus générale à celle de la fiscalité. Ils trouvent que la fiscalité est trop pesante. A ce sujet, Zéphirin Diabré a laissé entendre que la TVA devrait être collectée avant d’être payée mais ici c’est le contraire qui se passe. Elle est payée avant même la collecte. Cette façon de faire pose un véritable problème. A cet effet, il va falloir que l’Etat fasse une réforme de la fiscalité pour pouvoir régir les organes de presse.

Concernant la publicité, les éditeurs estiment qu’au niveau de l’Etat, elle n’est pas bien répartie. «Or, sachant qu'il s'agit d'un gâteau déjà très restreint, s’il y en a qui se servent sans se soucier de l'intérêt collectif, cela peut amener des problèmes que l'on a déjà connus et que l’on ne voudrait pas voir se reproduire».

La question de la morosité de l’économie a également été abordée. Au regard des problèmes qui lui ont été exposés par les éditeurs, Zéphirin Diabré a fait savoir que l’Opposition allait exhorter le gouvernement à prendre des mesures pour la relance rapide de l’économie qui stagne, malgré les annonces faites à Paris avec le nouveau référentiel qu’est le PNDES. «J’ai traduit la solidarité de l’opposition. Cela fait partie de notre rôle», a-t-il conclu. 
Le 31/03/2017 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé