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Vidéo. Burkina Faso: la procureure envoie le milliardaire kanazoé en prison

Publié le 25/04/2017 à 17h45 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé

#Société
Cover. Vidéo. les employés de Kanazoé soutiennent le milliardaire
© Copyright : DR

#Autres pays : Les employés et des associés de Inoussa Kanazoé ont battu le pavé lundi 24 avril 2017 pour demander sa libération. Ils menacent de bloquer les grandes avenues de Ouagadougou s'ils n'obtiennent pas gain de cause. Dans la soirée, la Procureur a annoncé le déferrement de l'homme d'affaires.

On le pensait remis en liberté mais l’opérateur économique Inoussa Kanazoé dit Kanis est toujours entre les mains de la justice, notamment des gendarmes. Voilà qui n’est pas du goût de ses employés et associés. Ils ont marché sur le Palais de justice de Ouagadougou lundi matin pour exiger la libération du PDG de Cimfaso et de son staff, estimant que Inoussa Kanazoé a été injustement écroué.

Pour eux, les nombreuses entreprises de l’opérateur économique sont suffisamment pourvoyeuses d’emplois, pour qu'on réserve au milliardaire un autre sort. Pire, ils ne comprennent pas les raisons de son arrestation qu’ils qualifient d’ailleurs de «sans preuves, d’arbitraire et de politique».

 

Guéguerre entre associés


Outre ce fait, les langues sont en train de se délier sur l’affaire. A l’origine de ce qu’il convient d’appeler l’affaire Kanis, il y a l’histoire d’un divorce mal digéré entre deux associés. En effet, après des années de collaboration, Inoussa Kanazoé propose à l’un de ses employés, Moussa Kouanda, de s’associer à lui pour monter une cimenterie à Ouaga. CIMFASO était née et fait la fierté des Burkinabè comme la première usine de ciments construite par un national et générant des centaines d’emplois directs. 
 



En marge de ce mouvement d’humeur, la procureure du Faso Maïza Sérémé a animé un point de presse pour donner à l’opinion publique les raisons de l’arrestation de l’homme  d’affaires burkinabè. Au cours de la rencontre Maïza Sérémé a indiqué qu’«il lui est reproché notamment un fait de faux en écriture de commerce». Les faits portent entre autres selon la procureur du Faso sur le faux en facturation, la mise sur le marché de ciment avarié, d'abus de confiance... 

Peine de 5 à 10 ans de prison encourue


Contrairement à ce qui est dit sur sa libération, Maïza Sérémé a tenu à dire que  «L'enquête ayant suivi son cours, ses associés, ont été déférés le 24 avril 2017. Inoussa Kanazoé qui s'est opposé à son déferrement sera inculpé ce soir». 

Par ailleurs, la procureur a confié que c'est pour "l'abus de confiance aggravé" que Inoussa Kanazoé encourt la peine la plus lourde par rapport à tous les autres faits qui lui sont reprochés. En effet, ce délit est puni d'une peine de 5 ans à 10 ans de prison ferme. Autant dire que les autres griefs du procureur paraissent presque légers, puisqu'aucun d'eux n'est puni de plus de 5 ans de prison. Mais, ils n'en sont pas moins nombeux. 

Par exemple, pour le «faux en écriture de commerce, c'est prévu et puni par les articles 276, 280 du code pénal d'une peine d'emprisonnement de 1 an à 5 ans". Concernant "l'usage de faux en écriture de commerce, la peine d'emprisonnement prévue est également de 1 an à 5 ans et une amende de 300 000 FCFA à 1 500 000 FCFA". S'agissant de la tromperie du consommateur cela peut aller jusqu'à 6 mois de prison. Pour la Fraude fiscale il risque de 6 mois à deux ans de prison et une amende de 500 000 FCFA à 5 000 000 FCFA. Alors que concernant l'usage frauduleux de numéro IFU, il pourrais écoper de 1 à 6 mois de prison et une amende de 1 500 000 FCFA à 5 000 000 FCFA s'il est reconnu coupable. 


Profitant de l’occasion, la procureure a indiqué que certains dossiers de corruption ont déjà été jugés et d’autres sont en cours d’instruction. Le dossier CBAO où treize personnes ont été placées sous mandat de dépôt, sera jugé dans les jours à venir. En outre, l’instruction des dossiers de crimes de sang connait des évolutions dans les différents cabinets d’instruction ; nous reviendrons plus en détails sur ces dossiers lors d’une autre rencontre avec la presse.
 
Le 25/04/2017 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé

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