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Cameroun: la circulation illicite des armes préoccupe les autorités

Mise à jour le 28/07/2017 à 08h50 Publié le 26/07/2017 à 19h33 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Société
Nigeria: La douane découvre une important trafic d'armes dont 661 fusils à pompes
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#Autres pays : La circulation des armes inquiètes les autorités camerounaises qui font face à la nébuleuse Boko Haram. Le sujet était au centre de la Conférence semestrielle des gouverneurs des dix régions du pays cette semaine à Yaoundé.

Au Cameroun, la circulation illicite des armes à feu est un facteur d’insécurité. Le mois dernier, dans l’Est du pays, les autorités administratives ont procédé à la destruction de plus de 150 armes manufacturées et de fabrication artisanale, ainsi que plus de 5000 munitions.

Du matériel utilisé par des malfrats essentiellement lors de braconnages. Cependant, les braquages à mains armées avec des armes à feu sont également fréquents. Le sujet a été abordé lors de la conférence annuelle des gouverneurs des dix régions du pays qui se déroule cette semaine dans la capitale.

A cause des frontières poreuses, ces armes proviennent d’une part, des Etats voisins du Cameroun : le Nigéria, la République centrafricaine et le Tchad où sévissent des groupes armés. «Anciennement au Tchad, il y avait une insécurité causée par des soulèvements. Après les bouleversements, les rebelles ont traversé au Cameroun avec les armes. Les rebelles les ont cachées dans certains villages. À l'heure actuelle, les bandits utilisent les armes pour terroriser, nuire et enlever notre population autour des divisions Mayo-Banyo et Faro et Deo», explique une autorité administrative de la région de l’Adamaoua.


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Celle-ci est située à mi chemin entre les parties septentrionale et méridionale du pays. L’Adamaoua est ainsi en quelque sorte, le carrefour de tous les trafics et mouvements des populations. Les enlèvements de populations avec demandes de rançon y sont fréquents.

«Avec l'insécurité et l'instabilité en République centrafricaine, il y a un chaos politique et social. Ce qui a amené certains à chercher refuge au Cameroun. Des fois, ils ont avec eux des armes qu'ils utilisent pour kidnapper la population locale et demander leur rançon», ajoute t-elle.

Les villes de Kousseri dans l’extrême nord, Touboro dans le nord, Moloundou, Batouri et Garoua-Boulai à l’est sont présentées comme les localités les plus «rouges» en termes de trafic d’armes alimentés par des bandes en provenance de la RCA et du Tchad.

D’autre part, l’utilisation des armes à feu, de fabrication artisanale en général, fait partie du patrimoine culturel de certaines régions du pays. Entre autres, l’ouest et le nord-ouest. Les armes y servent à animer les parades culturelles et les fêtes, notamment à travers des coups de feu tirés en l’air. Cependant, leur usage est parfois détourné de cet objectif.

Vu l’ampleur du phénomène de circulation illicite d’armes à feu, le parlement camerounais a récemment légiféré sur le sujet. La loi du 14 décembre 2016 régit la fabrication, l’introduction sur le territoire national, l’exploitation, l’acquisition, le transit, le transport, la traçabilité, la détention et le port d’armes et munitions. Les sanctions pénales pour les trafiquants et contrevenants y sont aussi définies. Mais, pour certaines autorités administratives, le phénomène ne pourra pas être endigué sans la coopération internationale, notamment entre les pays de la sous-région.
Le 26/07/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne