Fermer

Centrafrique. Gestion des réfugiés: l’ONU cherche 196 milliards de Francs CFA

Publié le 10/10/2017 à 09h00 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Société
refugiés centrafricains
© Copyright : DR

#Autres pays : Le Plan de réponse humanitaire présenté à Yaoundé par Najat Rochdi, représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations-Unies à la MINUSCA, n’a été financé jusqu’ici qu’à 30%.

Une fois de plus, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la gestion des réfugiés issus de la crise centrafricaine. C’était le 6 octobre dernier à Yaoundé, à travers la voix de Najat Rochdi, représentante  spéciale  adjoint du secrétaire général des Nations-Unies à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en RCA (MINUSCA), par ailleurs coordonnateur humanitaire.

S’exprimant devant les représentants des pays et organismes donateurs, elle a dressé un tableau sombre. Selon Najat Rochdi, pour l’année 2017, le plan de réponse humanitaire pour le cas de la RCA nécessite la mobilisation de 497,3 millions de dollars (près de 278 milliards de FCFA) de financement. Mais, aux trois-quarts de l’année (au 30 septembre 2017), seulement 30% du montant requis avait été financé (148,5 millions de dollars). Il faudrait donc encore mobiliser 348,8 millions de dollars (près de 196 milliards de FCFA) d’ici la fin de l’année pour assurer les besoins vitaux des populations déplacées.


LIRE AUSSI : Centrafrique: des milliers de personnes fuient le nord-ouest à cause de violences


Celle-ci sont, de plus, nombreuses et sont passées de 2,2 millions au début de l’année à 2,4 millions de personnes, dont 600 000 déplacés internes et près de 514 000 réfugiés dans les pays limitrophes, dont le Cameroun.

Selon une dernière mission effectuée par les Nations Unies à l’Est du pays, à ce jour, les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du nord du Cameroun abritent 232 917 réfugiés centrafricains. 30% vivent dans sept sites aménagés et 70% avec la population hôte.

Les besoins sont nombreux. D’où la mise en place de certains projets pour favoriser leur autonomisation. «Aujourd’hui, les populations hôtes sont considérées comme les premières personnes vulnérables. Ce sont elles qui ont fait le plus grand effort et elles continuent à le faire. Premièrement, il faut expliquer que la crise est toujours là. Deuxièmement, il faut voir comment on peut faire mieux avec ce qu’on a. On a beaucoup discuté de voir la possibilité d’aller au-delà de l’humanitaire et de l’urgence et commencer à mettre en place une série de projets de relèvement précoce qui peut aussi aller dans la voie du développement et surtout, d’accompagner les populations réfugiées à côté des populations hôtes. C’est l’orientation du plan des Nations-Unies de développement pour les prochaines trois années au Cameroun», a déclaré Allegra Baiocchi, coordonnateur résident du système des Nations-Unies au Cameroun.

A l’issue de son plaidoyer, Najat Rochdi a annoncé qu’elle entreprendra une tournée internationale en vue de «sensibiliser la communauté internationale sur le drame qui se joue actuellement en RCA».
Le 10/10/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

à lire aussi