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Cameroun. Crise anglophone: la détention d’armes à feu interdite dans le nord-ouest

Mise à jour le 03/02/2018 à 11h36 Publié le 03/02/2018 à 11h30 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
Sénégal : quand les armes parlent à la place des arguments

Sénégal : quand les armes parlent à la place des arguments

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#Autres pays : La mesure prise par le gouverneur se justifie par le contexte d’insécurité marqué par les nombreuses menaces et attaques de groupes terroristes dans cette région.

La détention et l’utilisation d’armes à feu, ainsi que la vente et l’achat des munitions sont suspendues dans le Nord-ouest, l’une des deux régions anglophones du Cameroun. Cette décision a été prise par le gouverneur Adolphe Lele Lafrique. La mesure, effective depuis le 1er février 2018, s’étend sur une durée de «six mois renouvelables». Elle concerne aussi bien les armes de fabrication artisanale que celles importées, précise le gouverneur du Nord-Ouest dans un communiqué de presse publié ce jeudi.

A cet effet, toutes les personnes détenant des armes sont priées de les remettre à l’autorité administrative la plus proche qui en accusera réception. Les contrevenants seront passibles de sanctions prévues par la réglementation en vigueur, car «les responsables de l’application de la loi effectueront des opérations de recherche et des contrôles réguliers à cet égard», prévient Adolphe Lele Lafrique.


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Cette mesure fait suite à «la récente crise sociopolitique et à la situation d’insécurité qui prévaut, ainsi qu’aux nombreuses menaces et attaques de groupes terroristes» dans la région du Nord-ouest, en proie aux violences depuis le début de la crise anglophone en novembre 2016. Des violences attribuées aux activistes anglophones qui revendiquent la séparation du reste du Cameroun.

Au moins deux gendarmes ont été tués ce jeudi lors de l’attaque du poste de contrôle de Mbingo, localité situé à une trentaine de kilomètres de Bamenda, la capitale régionale du Nord-ouest. L’attaque a été revendiquée par l’Ambazonian defense forces, la branche armée du mouvement séparatiste. Cette attaque est la suite d’une série de violences perpétrées contre les forces de défense et de sécurité camerounaises dans la région, et la première depuis l’extradition des leaders séparatistes arrêtés au Nigeria.


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La mesure prise par le gouverneur vise la protection des populations et de leurs biens, ainsi que la sauvegarde de l’intégrité nationale. Par conséquent, Adolphe Lele Lafrique appelle tous les citoyens de sa circonscription administrative à «manifester un sens élevé de la responsabilité civique en ce qui concerne le strict respect de ces mesures».


Le 03/02/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

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