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Cameroun: 120 coups de fouet pour un conseiller municipal accusé d’adultère

Mise à jour le 11/04/2018 à 15h30 Publié le 11/04/2018 à 15h17 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
lapidation
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#Autres pays : Un membre du conseil municipal de la commune de Garoua 3e, dans le Nord du Cameroun, a été châtié pour «infidélité», suite à une plainte déposée contre lui par un sujet du lamido de Tchéboa qui l’accuse d’avoir «enlevé» sa femme. La victime dément et dit avoir à son tour porté plainte.

L’histoire fait les choux gras de la presse camerounaise. Selon plusieurs médias locaux, un conseiller municipal de la mairie de Garoua 3e, dans la région du Nord, a reçu près de 120 coups de fouet pour adultère. L’homme faisait l’objet d’une plainte déposée contre lui au lamidat de Tchéboa par un sujet du lamido (chef traditionnel) qui l’accuse d’avoir «enlevé» son épouse.

Certaines informations indiquent que la victime avait entamé des «démarches pour voler» la femme d’un autre homme, d’autres laissent entendre qu’il a été surpris en plein adultère. «Le lamido a reçu l’affaire et fait convoquer l’indexé qui a refusé de répondre à sa convocation, au motif qu’il est sous l’autorité du lamido de Djalingo», relate le trihebdomadaire L’œil du Sahel dans son édition de ce lundi 9 avril 2018.


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A en croire ce journal très introduit dans les régions septentrionales du pays, le conseiller municipal a été interpellé en fin de semaine dernière par des gardes du lamido de Tchéboa alors qu’il allait se faire établir une pièce d’identité en ville. Ramené manu militari au lamidat, il sera condamné à 120 coups de fouet. Ce que confirme l’intéressé. «Le lamido de Tchéboa m’a battu avec plus de 100 coups de fouet. Je ne connais pas la raison pour laquelle il m’a battu, mais il a dit qu’il m’a appelé et je ne suis pas venu», confie l’infortuné conseiller municipal, joint au téléphone.


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«J’ai été publiquement battu et humilié. C’est la raison pour laquelle j’ai déposé une plainte pour violences publiques contre le lamido», poursuit la victime qui a visiblement du mal à s’exprimer. Ce n’est pas la première fois que le lamido de Tchéboa est visé par une plainte. Ce dernier avait été condamné en août 2015 par le tribunal de grande instance de Garoua à deux ans de prison ferme et à une amende de 589.251 francs CFA de dommages et intérêts, suite à une plainte déposée contre lui par un paysan qui l’accusait d’arrestation et de séquestration arbitraire. En 2002, le même chef traditionnel était condamné pour tortures et violences.

Le 11/04/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell