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Afrique du Sud: une chanson de la lutte anti-apartheid au coeur d'un licenciement

Publié le 31/05/2018 à 16h55 Par Le360 Afrique - Afp

#Société
ANC
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#Autres pays : Une entreprise sud-africaine a demandé jeudi à la Cour constitutionnelle de confirmer le licenciement de neuf de ses employés sous prétexte qu'ils avaient entonné un chant de la lutte anti-apartheid à connotation raciale.

La société de collecte de déchets Duncanmec a renvoyé cette année neuf employés qui avaient entamé une grève illégale et entonné la chanson "Monte sur le toit et crie que ma mère se réjouit qu'on frappe les Boers", les descendants des colons hollandais.

Devant la Cour constitutionnelle, plus haute instance judiciaire en Afrique du Sud, Duncanmec a estimé jeudi que les chansons politiques à connotation raciale n'avaient pas leur place sur le lieu de travail.

Mais le syndicat Numsa, qui représente les employés licenciés dans cette affaire, a jugé "ridicule" l'argument avancé par l'employeur.

"C'est ridicule que des employeurs considèrent racistes les chansons de la libération. Cela montre qu'ils ignorent totalement notre histoire", a déclaré la porte-parole de Numsa, Phakamile Hlubi-Majola.

"Quand les travailleurs se mettent en grève, ils chantent des chansons de la lutte pour se réconforter et s'encourager. Il n'y a rien de plus puissant", a-t-elle dit à l'AFP.


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Près d'un quart de siècle après la fin de l'apartheid, les chansons de la lutte contre le régime blanc raciste sont toujours régulièrement chantées lors de manifestations, de grèves mais aussi d’événements plus intimes comme des funérailles.

L'affaire Duncanmec a déjà été entendue par plusieurs tribunaux, qui ont annulé le licenciement des neuf employés.

Le tribunal du travail a conclu que cette chanson ne pouvait pas être considérée comme une faute professionnelle dans la mesure où elle n'était pas interdite sur le lieu de travail.

La Cour constitutionnelle, saisie par Duncanmec, doit rendre son jugement à une date ultérieure.

En 2011, Julius Malema, leader du parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF), avait été condamné pour incitation à la haine raciale pour sa reprise de la chanson "Tuez le Boer", vieil hymne de la lutte anti-apartheid.
Le 31/05/2018 Par Le360 Afrique - Afp