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Cameroun: la crise anglophone pourrait «être plus violente en juin», selon International Crisis Group

Mise à jour le 05/06/2018 à 13h48 Publié le 05/06/2018 à 13h41 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
Crise anglophone
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#Autres pays : Dans son rapport mensuel publié samedi dernier, le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group craint une nouvelle escalade de la violence durant ce mois de juin dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

La crise anglophone pourrait «être plus violente en juin» après les multiples attaques et enlèvements enregistrés le mois dernier, selon le rapport mensuel du centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG) rendu public samedi dernier.

D’après cette organisation indépendante belge, au moins «60 personnes ont été tuées» au cours du seul mois de mai 2018 dans la zone anglophone du Cameroun. «Parmi les personnes tuées figurent des civils et des militaires. Elles ont perdu la vie dans les affrontements qui opposent l’armée régulière aux milices séparatistes qui ont engagé une lutte armée en octobre 2017 pour obtenir l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest», indique ledit rapport.


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La crise anglophone, qui a débuté en octobre 2016, s’est muée en guérilla armée. Les combats entre les forces de l’ordre et les sécessionnistes se multiplient dans les deux régions anglophones du pays. La situation devrait se détériorer ce mois, à en croire cette ONG pour qui l’Eglise catholique doit plus que jamais encourager le dialogue entre les protagonistes.

«L’Eglise catholique pourrait aider à sortir de cette dangereuse impasse. Présente dans chacune des dix régions du Cameroun, c’est l’une des institutions les plus solides du pays. Près d’un tiers des Camerounais sont catholiques, et l’Eglise dispose d’un dense réseau d’écoles et d’hôpitaux. Les Camerounais la prennent très au sérieux», déclarait déjà ICG dans son rapport d’avril 2018.


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Cette ONG regrette toutefois les «positions divergentes» prises par le clergé sur cette crise et l’invite à «surmonter ses divisions» pour se «positionner comme arbitre impartial» afin d'aider à la résolution de cette crise. «Les évêques anglophones et francophones devraient publier une déclaration commune pour afficher leur neutralité sur la question la plus controversée  -fédéralisme ou décentralisation- et afficher leur volonté de jouer un rôle de médiateur».

Par ailleurs, «l’Eglise devrait aussi renouveler son appel à la fin des violences et à des négociations entre les figures de la contestation anglophone et le gouvernement», propose l'ICG, entre autres. Aucune réaction officielle du gouvernement camerounais n'est intervenue depuis la publication de ce nouveau rapport.

En 2017, Yaoundé avait réfuté «l’entièreté des allégations» contenues dans les rapports d’ICG, accusant cette organisation de se livrer à «un véritable réquisitoire à charge, composé de faits et d’accusations sans aucun fondement, sans le moindre rapport avec la réalité».


Le 05/06/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell