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Cameroun: des représentants de l’Etat sommés de reprendre leur poste

Mise à jour le 15/09/2018 à 15h01 Publié le 15/09/2018 à 14h52 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
crise anglophone
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#Autres pays : Dans une note confidentielle datée du 7 septembre, le secrétaire général de la présidence de la République demande au ministre de l’Administration territoriale de procéder à la «réinstallation» des autorités administratives qui ont quitté leur poste dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun.


Les autorités administratives qui ont abandonné leur poste de travail du fait de l’insécurité dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont sommées de reprendre leur fonction. L’injonction provient du secrétaire général de la présidence de la République. Dans une note du 7 septembre 2018 marquée du sceau «Très urgent - confidentiel» qui a fuité sur Internet, Ferdinand Ngoh Ngoh demande au ministre de l’Administration territoriale de procéder à leur «réinstallation». Celle-ci doit se faire en présence des représentants du ministère de la Défense (MINDEF), du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED), de la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) et de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE).

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«Vous voudrez bien vous concerter avec le MINDEF, le SED, la DGSN et la DGRE afin d’arrêter le chronogramme pour cette opération de réinstallation», écrit le secrétaire général de la présidence de la République à l'attention du ministre en charge de l’Administration territoriale. Il lui demande par ailleurs de «procéder à la réquisition des bâtiments nécessaires» pour abriter les services des sous-préfectures détruites ou incendiées par les sécessionnistes. Cette réinstallation devait prendre effet le 10 septembre 2018. Elle concerne 12 sous-préfets et 3 adjoints préfectoraux.

Notons que les affrontements sont devenus quasi-quotidiens entre les forces de l’ordre et les sécessionnistes anglophones dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie à une crise sociopolitique et sécuritaire depuis octobre 2016. Il ne se passe plus un jour sans que la presse locale ne rapporte les attaques contre les autorités administratives, régulièrement prises pour cibles par les sécessionnistes. A la mi-juin, le gouvernement camerounais a officiellement annoncé la mort en captivité du sous-préfet de Batibo (Nord-Ouest), enlevé le 11 février 2018, date de la célébration de la Fête de la Jeunesse. Cet enlèvement est survenu au moment où le pays célébrait le 11 février, date du référendum à l’origine de la réunification du Cameroun francophone et anglophone en 1961, et devenue Fête de la Jeunesse en 1966.
Le 15/09/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell