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France: le Prix Simone Veil de la République française décerné à la Camerounaise Aissa Doumara

Mise à jour le 11/03/2019 à 11h53 Publié le 11/03/2019 à 11h52 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
Aissa Doumara Ngatansou
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#Autres pays : La coordinatrice de la section locale de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes à Maroua, a reçu son prix vendredi 8 mars dernier lors d’une cérémonie à l’Elysée, en reconnaissance pour son engagement au service des femmes depuis 20 ans.

La Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou est la première lauréate du «Prix Simone Veil de la République française pour l’égalité femmes-hommes», du nom de l’ancienne ministre française et figure des droits des femmes décédée en 2017.

Cette militante des droits des femmes a reçu son prix vendredi dernier, le 8 mars 2019 à Paris, lors d’une cérémonie organisée à l’Elysée à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Initié par le président français Emmanuel Macron, ce prix est appelé à distinguer chaque année une personnalité ou un collectif contribuant à faire avancer la cause des femmes dans le monde.

Pour cette première édition, le choix du jury s’est porté sur la cofondatrice de la section de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) à Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord, dont elle est aujourd’hui la coordinatrice.


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«C’est avec beaucoup d’émotion et remplie de gratitude que j’accueille cette marque de reconnaissance, d’autant plus que ce prix est associé au nom d’une illustre dame. Pour moi aussi, c’est une interpellation à suivre ses pas et à transmettre notre héritage commun pour la cause des femmes aux générations futures qui doivent continuer la chaîne de défense des droits des femmes et des filles», a déclaré, très émue, la lauréate devant un grand portrait en noir et blanc de Simone Veil.

Née en 1972, Aissa Doumara a été mariée sans son consentement à l’âge de 15 ans. Malgré l’opposition de sa belle-famille, elle a tenu à poursuivre ses études jusqu’à la fin du cycle secondaire. En 1996, elle cofonde l’antenne locale de l’ALVF à Maroua.

Courage

Son association vient en aide à plus de 1000 femmes victimes de viols et de mariages forcés. «Ce que nous faisons tous les jours, c’est de redonner goût à la vie, de restaurer tous les pouvoirs que ces dernières ont perdu à travers des actions de soutien, de sensibilisation, le renforcement des capacités et le plaidoyer pour que la situation socio-juridique des femmes soit reconnue en tant que telle», explique cette militante.


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Son prix, elle le dédie «à toutes ces survivantes, les rescapées de Boko Haram, les femmes et les filles du monde entier».

Le président français, Emmanuel Macron, a tenu à saluer son engagement depuis plus de 20 ans au service des femmes. 

«C’est un combat qui a été mené pendant des décennies dans le silence, parfois l’opprobre, parce que vous aussi, vous vous êtes indignée et vous n’avez pas cédé. A cet égard, votre combat et votre personnalité aujourd’hui reconnus pour nous tous est un exemple de courage, de persévérance, de détermination et de lucidité», a affirmé le président français, qui a espéré que le montant alloué à ce prix (100 000 euros) permettra à Aissa Doumara «de multiplier des actions au bénéfice de plus de femmes».

La militante, quant à elle,a assuré que ce prix permettra à son association de se doter d'un «nouveau centre complet de prise en charge» des victimes et d'étendre ses activités au-delà du Cameroun.

Le 11/03/2019 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell