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Cameroun: inquiétudes autour du vol des bébés à Douala

Mise à jour le 09/02/2020 à 11h45 Publié le 08/02/2020 à 08h23 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

#Société
Bébé
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#Autres pays : Deux nourrissons enlevés en l’espace de 24 heures dans la métropole économique, dont l’un dans un hôpital. Une série de vols qui inquiètent les parents, rappelant au souvenir la très médiatisée affaire du vol du bébé de Vanessa Tchatchou en 2011.

Les parents vivent la peur dans le ventre à Douala, la métropole économique du Cameroun, depuis l’enlèvement de deux nourrissons cette semaine. En effet, selon des informations rapportées par les médias locaux, un bébé de 3 mois a été volé mardi 4 février 2020 au quartier Ndogpassi, dans le 3e arrondissement de Douala.

La présumée voleuse, apprend-on, est la femme de ménage. Celle-ci aurait profité de l’absence de la maîtresse de maison partie faire une course pour fondre dans la nature avec l’enfant. La veille, c’est l’hôpital de district de la Cité des palmiers qui défrayait la chronique avec le vol d’un bébé d’à peine quelques jours.

La maman de l’enfant, une adolescente de 17 ans présentée comme «instable mentalement», était venue pour une déclaration de naissance à l’hôpital. Elle aurait été approchée par une jeune femme qui lui aurait donné de l’argent pour qu’elle puisse réparer sa sandale coupée. Son oncle, venu la rejoindre peu de temps après, sera surpris de voir l’enfant entre les mains d’une inconnue.


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Mais cette dernière, affirmant que l’enfant a fait les selles, va tendre un billet de 2000 francs CFA à l’oncle, lui demandant d’aller acheter des couches jetables pour le changer, avant de s’enfuir avec l’enfant, au nez et à la barbe du personnel médico-sanitaire et des vigiles postés à l’entrée de l’hôpital.

Une enquête a été ouverte à la gendarmerie pour faire la lumière sur cet enlèvement qui soulève moult questions.

De son côté, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) a déposé une plainte contre l’hôpital de district de la Cité des palmiers.

«Chaque fois qu’on entend qu’un enfant a été volé ou qu’une alerte pour disparition est lancée, on craint pour la sécurité de nos enfants. Aucun parent n’est à l’abri, surtout que les femmes de ménage ou les nurses que nous employons, nous les connaissons à peine. En réalité, on remet tout entre les mains de Dieu», affirme Caroline, maman de deux garçons en bas âge.


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Cette série de vols vient rappeler celui très médiatisé du bébé de Vanessa Tchatchou, adolescente de 17 ans dont l’enfant a été dérobé peu de temps après sa naissance en 2011 à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso, à Yaoundé. La présumée voleuse avait été condamnée à 25 ans de prison pour «enlèvement de mineur ayant entrainé sa mort». Ce, alors que les soupçons se portaient sur une magistrate. Après plus de huit mois passés à l’hôpital à réclamer son bébé qu’elle pense toujours en vie, la jeune mère avait été expulsée par l’actuel directeur, alors nouvellement nommé à la tête de cet établissement hospitalier. 
Le 08/02/2020 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

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