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Niger: dix humanitaires enlevés par des jihadistes

Mise à jour le 25/06/2020 à 16h35 Publié le 25/06/2020 à 14h12 Par Le360 Afrique - Afp

#Société
djihadistes

Jihadistes sahéliens.

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#Autres pays : Dix travailleurs de l'ONG nigérienne Action et programme d'impact au Sahel (APIS), ont été enlevés mercredi par des jihadistes alors qu'ils distribuaient des vivres dans un village du sud-ouest du Niger, proche du Burkina Faso, a annoncé jeudi à l'AFP cette ONG.

"Nos dix agents étaient en train de distribuer gratuitement des vivres aux populations lorsque des jihadistes armés et à moto sont venus hier (mercredi) aux environs de 15h00 locales (14h00 GMT) et leur ont demandé de les suivre", a indiqué à l'AFP Kadidiatou Harouna, la responsable d'APIS, une ONG partenaire du Programme alimentaire mondial (PAM).

C'est la première prise d'otage d'humanitaires du genre enregistrée dans cette zone où la circulation des motos est interdite de jour et de nuit depuis janvier. Deux véhicules tout-terrain appartenant à APIS ont été emportés par les ravisseurs, a ajouté Kadidiatou Harouna.


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"L'année passée nous avions pourtant travaillé sans aucun problème dans la même zone", a-t-elle relevé. Les dix travailleurs ont été enlevés dans un hameau de la commune de Makalondi, dans la région de Tillabéri, une vaste zone instable et théâtre d'attaques régulières et de plus en plus meurtrières des groupes jihadistes.

Un humanitaire allemand et un prêtre italien avaient été enlevés en 2018 dans cette région située dans la zone de "trois frontières" entre Niger, Burkina Faso et Mali, devenue un repaire des jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Plusieurs véhicules du Comité international de la Croix rouge (CICR) et de Médecins sans frontières (MSF) avaient été volés par des hommes armés dans cette région. Un des véhicules de MSF avait été utilisé le 14 mai 2019 par des "terroristes" qui avaient tenté de prendre la prison de haute sécurité près de Niamey où sont écroués des jihadistes, selon les autorités.


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Pour des raisons sécuritaires, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) du Niger avait suspendu en janvier ses opérations d'enrôlement d'électeurs dans plusieurs communes de l'ouest du pays. Le premier tour de la présidentielle au Niger, couplé aux législatives, est fixé au 27 décembre 2020. Des élections municipales et régionales doivent se tenir le 1er novembre, selon le programme de la Céni.

Tout le Sahel -en particulier le Mali, le Niger et le Burkina- est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane. Selon l'ONU, les attaques jihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4.000 morts en 2019.
Le 25/06/2020 Par Le360 Afrique - Afp

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