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Les raisons du retrait des licences de quatre opérateurs de téléphonie mobile

Publié le 04/04/2016 à 16h02 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Economie
Bruno Koné

Bruno Koné, le ministre ivoirien de l’Economie numérique et de la Poste.

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#Côte d’ivoire : Les opérateurs de téléphonie mobile, Comium, GreenN, Warid, Café mobile, se sont vu retirer leurs licences d’exploitation en Côte d’Ivoire. La menace qui couvait depuis 2014 a été actée ce 29 mars.

«En Côte d’Ivoire, nous étions lésés par le fait que nous avions sept opérateurs», a soutenu Bruno Koné, le ministre ivoirien de l’Economie numérique et de la Poste, qui évoque un «saucissonnage trop étroit des bandes de fréquence» qui sont «limités».
Cette sortie intervient après le retrait des licences de 4 opérateurs de téléphonie mobile ivoirien.

«Plus vous avez d’opérateurs, moins vous en donnez à chacun d’eux (…) et plus vous limitez leurs capacités. En conséquence, nous nous retrouvons avec des plaintes émanant des usagers du fait d’appels qui n’aboutissent pas, d’interférences, etc.», a-t-il relevé, indiquant que l’enjeu est bien de «fournir aux Ivoiriens (…), un service de meilleur qualité et un secteur des TIC qui soit (…) au même niveau de qualité que dans les pays qui sont les plus performants au monde».

Sur les 7 opérateurs se partageant le marché de la téléphonie mobile ivoirienne, seuls trois -Orange, MTN et Moov (filiale de Maroc Telecom)- sont réellement actifs. Ces derniers concentrent près de 96% du parc des abonnés (données fin 2015).

Toutefois, ces trois opérateurs n’occupent qu’environ 50% des bandes passantes en question. Or, avec cette part, ceux-ci avaient du mal à assurer une qualité de service à la hauteur des aspirations des clients.

Or, comme l’a expliqué le ministre, "lorsque vous commencez à faire le transfert de la data (données) et à évoluer vers la 3G et la 4G, vous consommez beaucoup plus de bandes. Du coup, avec 7 opérateurs, ce n’était plus possible".

Plus de 80 milliards FCFA de créance

Conséquence, le secteur courait ainsi vers une situation de blocage, qui risquait bien de compromettre les perspectives de développement de la téléphonie mobile en Côte d’ivoire. Partant, «il fallait trouver une solution», tranche le ministre.

Le risque avait été perçu depuis quelques années par le gouvernement qui avait encouragé, sans succès, les quatre compagnies concernées à fusionner afin de constituer un quatrième opérateur. D’autant plus que ces dernières ne parvenaient plus à honorer leurs engagements contractuels vis-à-vis de l’Etat. «Ce sont pas moins de 80 milliards FCFA que ces opérateurs doivent à l’Etat», en plus de la facture d’interconnexion avec les autres opérateurs.

Un quatrième opérateur

L’émissaire du gouvernement a fait savoir que ce retrait de licences pourrait permettre d’accueillir un quatrième opérateur sur le marché. «Nous pouvions nous limiter à trois, mais techniquement, nous pouvons aller jusqu’à quatre opérateurs,…» a t-il indiqué.

Selon certaines sources, des compagnies comme le français Yoomee, le vietnamien Viettel et le marocain Wana, avait un temps manifesté un intérêt, avant de se retirer.

Les abonnés de Comium, GreenN, Warid, Café mobile (ces deux derniers sont d’ailleurs en cessation d’activité depuis quelques années) ont jusqu’à fin avril pour épuiser leurs crédits avant l’interruption définitif de leurs signaux.

Le 04/04/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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