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Côte d’Ivoire: le Nord reprend sa marche vers le développement

Publié le 20/02/2017 à 15h47 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Economie
Alassane Ouattara

Le président ivoirien Alassane Ouattara.

© Copyright : DR

#Côte d’ivoire : «Pris en otage» par une décennie de rébellion (2002-2011), le nord de la Côte d’Ivoire accuse un retard de développement par rapport au sud du pays. Un rapport de l’Institut national de la statistique (INS) pointe une situation de pauvreté que les autorités tentent de résorber.

Depuis 2016, le rapport est dans le tiroir des autorités ivoiriennes. Conduit par l’Institut national de la statistique (INS), le document s'appelle Enquête sur les ménages, et datant de l’année dernière est sans équivoque: le nord du pays va mal. En dépit d’un redressement économique réussi en Côte d’Ivoire, les populations de l’hinterland demeurent dans une extrême pauvreté. Pourtant les différentes régions de cette partie du territoire regorgent de nombreuses ressources économiques.

«Lorsque la rébellion prenait pied au nord en septembre 2002, ces acteurs nous avaient convaincu que l’une des raisons de la prise des armes étaient l’abandon du nord par l’administration au sud. Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il y a un gros mieux», confie désespérément Kiolotioma Silué, originaire du nord du pays.

Selon le rapport de l’INS, édité il y a un an, jour pour jour, les cinq principales régions du nord de la Côte d’Ivoire occupent les cinq premières places des régions les plus pauvres du pays (plus de 70% de population pauvreté et près de 20% de pauvreté en insécurité alimentaire).


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A titre d’illustration, dans la région de Boundiali (700 km au nord d’Abidjan), la région la plus pauvre du pays, la dépense annuelle d’une famille ( de cinq personnes au moins) est évalué à 488 dollars. 18,3% de familles y sont en insécurité alimentaire pour une population de 375.687 habitants et le taux de pauvreté est estimé à 71,7%. Les principales sources de revenus dans cette région sont liées à la culture du coton, de la noix de cajou, des céréales et à  l’élevage.

Renaissance

Mais la fin de la crise armée ivoirienne en 2011 a fait souffler un vent de renouveau sur cette partie du pays. Les autorités ont certes relancé la production cotonnière, la culture de référence dans la région qui a pâtie de la crise, mais c’est l’émergence de la noix de cajou, une culture de rente dont les prix ne cessent de s’envoler, qui vient surtout faire le bonheur des populations: en 2016, les paysans pouvaient céder leur récolte à 520 FCFA le kilogramme alors que le tarif officiel était de 350 francs. 


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Le retour de la paix a également ouvert la voie aux investissements pour la’mise en valeur des nombreux gisements miniers dont regorge la zone. En octobre 2011, le géant minier Randgold Ressources inaugurait sa mine d’or de Tongon (600 km au nord d’Abidjan), devenu le principal producteur d’or du pays avec 6,89 tonnes l’année dernière. Ou encore le démarrage du chantier d’une exploitation aurifère à Sissingue, près de Tengrela, à la frontière malienne.

De même le gouvernement a-t-il relancé les investissements dans la région avec de nouvelles infrastructures sociales  (écoles, université, centres de santé, etc.) mais également routières afin de mieux intégrer la région au reste du pays. Au début du mois de décembre dernier, le président ivoirien inaugurait le bitumage des 135 km de route reliant Boundiali à Tengrela, une axe commercial important qui permet de relier Abidjan au Mali.


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Ce retour sur le chemin du développement se fait avec la promotion des cadres et des hommes politiques originaires de cette partie du pays, essentiellement abonnés au RDR -rassemblement des républicains-, le parti au pouvoir.

Au lendemain de sa prise de fonction, Alassane Ouattara avait cru évoquer un nécessaire «rattrapage ethnique», arguant que ces derniers avaient un temps été mis à l’écart de la gestion du pays. Un argument qui avait suscité la polémique et qui continue de faire les choux gras de l’opposition à chaque nomination dans l’administration ivoirienne.


 

Le 20/02/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet