Fermer

Côte d’Ivoire: le printemps des relations sino-ivoiriennes

Mise à jour le 17/08/2018 à 09h02 Publié le 17/08/2018 à 08h59 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Economie
Coopération Chine-Afrique à l'étude à Abidjan (20947)
© Copyright : le360: George Moihet

#Côte d’ivoire : Devenu le troisième partenaire commercial du pays, Pékin avance ses pions à coups de milliards de Fcfa d’investissements, au point de devenir un partenaire incontournable de l’économie ivoirienne.


La France est très présente, alors que le Maroc est arrivé en force, mais de plus en plus la Chine montre ses muscles. Au cours des sept dernières années, la Chine aura plus que jamais fait des pas géants en Côte d’Ivoire.  Des relations qui vont encore se renforcer à la faveur de la prochaine visite du président Alassane Ouattara en septembre à l’invitation de son homologue chinois.

Pékin n’aura en effet jamais été aussi actif en Côte d’Ivoire en 35 ans de relations diplomatiques (établies en mars 1983), que ces sept dernières années. Depuis la première visite d’Alassane Ouattara en 2012 à Pékin, l’Empire du milieu a pris ses habitudes aux abords de la lagune Ebrié où il multiplie les investissements au point de s’arroger un rôle de choix de bailleur de fonds incontournable pour la Côte d’Ivoire


>>>LIRE AUSSI: Cameroun: la Chine offre un dock flottant à la Marine nationale

Le dernier grand projet en date est l’octroi d’un financement de 460 milliards FCFA, soit un peu plus de 700 millions d’euros, destiné notamment à réhabiliter et renforcer près de 2 000 km du réseau électrique ivoirien. Lancé début juillet dernier par le Premier ministre Gon Coulibaly, ce projet se situe dans le prolongement du barrage hydroélectrique de Soubré, le plus important du pays, un autre financement de Pékin qui a boosté la production ivoirienne d'électricité de 275 MW. Ces derniers s’ajoutent à une longue liste: autoroute Abidjan – Grand Bassam, extension du port d’Abidjan, lycées, stade olympique, infrastructures hydrauliques, centres hospitaliers, etc. En septembre 2017, l’ambassadeur de Chine à Abidjan, Tang Weibin, estimait à 4,8 milliards de dollars, la valeur des projets concédés aux entreprises chinoises en terre ivoirienne.

Plus récemment encore, l’entreprise chinoise CSCEC a remporté en juillet le marché du 4e pont d’Abidjan d’une valeur de 142 milliards FCFA, soit 216,5 millions d’euros, quasiment une exception pour un projet qui ne bénéficie pas d’un financement chinois. Mais signe de l’attrait des firmes du géant asiatique, le géant du BTP CRCC (China railway construction corporation international – le groupe va construire au Maroc ce qui est considéré comme la plus grande tour d’Afrique) a signé en mars dernier une convention de partenariat avec la holding ivoirienne PAPH (Phoenix africa partners holding) ouvrant la voie à des investissements directs chinois, notamment dans l’immobilier.


>>>LIRE AUSSI: Inde vs. Chine: Guerre d'influence au Rwanda

Mais le meilleur est probablement à venir. En avril dernier, une importante délégation chinoise, accompagnée d’un pool bancaire (Eximbank China, la Banque de développement de la Chine et le fonds sino-africain pour le développement) a exposé au vice-président, Kablan Duncan, son intérêt pour des projets comme la construction de zones industrielles, la réhabilitation de 1.500 km de routes, la construction de six échangeurs à Abidjan, du port sec de Ferkessédougou (dans le nord du pays) ainsi que des barrages hydroélectriques de Gribo Popoli et de Boutoubré.

Devenue troisième partenaire commercial de la Côte d’Ivoire avec un volume d’échange de 1,85 milliard de dollars en 2017, selon Tang Weibin, la Chine diversifie ses relations avec Abidjan, notamment dans le domaine militaire, avec le don d’un patrouilleur à la marine ivoirienne en juillet 2017. 


>>>LIRE AUSSI: Sénégal-Chine: les présidents sénégalais et chinois inaugurent l'arène de lutte à Dakar

Nous sommes donc en plein dans l’âge d’or des relations sino-ivoiriennes qui va certainement se prolonger avec la visite officielle d’Alassane Ouattara en septembre prochain en Chine. A deux ans de la fin de son mandat et de l’échéance son projet d’émergence, le président ivoirien devrait donc profiter de ce déplacement pour donner un nouveau coup de fouet à des relations avec un partenaire devenu stratégique pour son économie.
Le 17/08/2018 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

à lire aussi