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Côte d’Ivoire: les journalistes marchent contre un projet de loi incriminant «l’offense au chef de l’Etat»

Publié le 02/05/2017 à 17h14 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Médias
presse ivoirienne
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#Côte d’ivoire : Les journalistes ivoiriens se préparent à battre le pavé ce mercredi. En cause, un projet de loi sur la presse incriminant «l’offense au chef de l’Etat» est sur la table du Parlement. Le projet prévoit des peines de prison allant de 1 à 5 ans.

Les journalistes ivoiriens veulent prendre les devants pour tenter d’empêcher le vote d’un projet de loi sur la presse, condamnant «l’offense au chef de l’Etat». Le texte, actuellement sur le bureau de l’Assemblée nationale, introduit des peines d’emprisonnement allant de un à cinq ans, de quoi affoler toute la corporation.

«L’heure est grave», interpelle Moussa Touré, le président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), qui s’alarme d’un «recul» pour la presse en Côte d’Ivoire. Ainsi, Abidjan, qui vient de glaner 5 places pour se situer au 81e rang dans le dernier classement mondial de RSF (Reporters sans frontières) sur la liberté de la presse, donne en effet quelques frayeur.


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«En Côte d’Ivoire, si les violences liées à la crise électorale de 2011 appartiennent au passé, la presse demeure un domaine particulièrement surveillé par le pouvoir. L’indépendance des médias à l’égard des partis et des hommes politiques fait toujours défaut, même si la diversité de la presse ivoirienne est réelle. Les délits d’offense au chef de l’État ou de diffusion de fausses nouvelles, malgré leur dépénalisation en 2004, peuvent toujours envoyer des journalistes en détention provisoire», relève l’organisation dans son rapport la semaine dernière.

La dernière affaire en date concernant l’«offense  au chef de l’État» remonte à août 2015, lorsque le journaliste Joseph Titi, proche de l’opposition, avait été écroué pour des propos jugés désobligeants envers le président de la République, avant d’être remis en liberté six jours plus tard.


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Le 12 février dernier, six journalistes avaient été inculpés pour «divulgation de fausses informations et incitation à la révolte» après une mutinerie des Forces spéciales ivoiriennes à Adiaké, dans le sud-est du pays, avant d’être remis en liberté.

En tout cas, afin que cette loi ne passe pas comme une lettre à la poste, les journalistes prévoient une marche dont le départ est prévu autour du siège de la RTI (Radiotélévision ivoirienne) ce mercredi 3 mai, sachant que le projet devrait être présenté aux parlementaires le vendredi 5 mai courant.
 
Le 02/05/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet