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Les «frondeurs» du FPI veulent revenir dans le jeu politique

Publié le 07/02/2016 à 18h37 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
Affi n'guessan

Affi N'Guessan, Chef du FPI, principal parti d'opposition ivoirien.

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#Côte d’ivoire : Les «frondeurs» du FPI (Front populaire ivoirien), la frange qualifiée de «radicale» du parti de l’ex-chef d’Etat Laurent Gbagbo, ont annoncé, dimanche 17 janvier, vouloir prendre part aux futures élections législatives et locales.

En tournée politique en Europe, Laurent Akoun, le porte-parole de cette aile du parti conduit par Abdouramane Sangaré, un fidèle de la première heure de l’ex-chef d’Etat ivoirien au moment de la création, dans la clandestinité, du parti au début des années 1980, a porté la nouvelle. «Nous irons aux élections législatives», a-t-il notamment confié à RFI. 

Une volte-face pour cette «aile dure» du FPI qui comprend un nombre important de cadres de l’ancien parti au pouvoir et qui avait fait le choix de refuser tout dialogue politique avec le pouvoir du président Alassane Ouattara. Une logique qui l’avait conduit à boycotter l’élection présidentielle du 25 octobre dernier, évoquant des conditions non réunies, faisant allusion aux détenus politiques dont Laurent Gbagbo lui-même.

Un boycott matérialisé par un appel aux militants à ne pas participer au vote à la présidentielle et qui avait contribué à faire «mal» à Affi N’Guessan, qui dirige officiellement le parti et décrié comme étant à la solde du pouvoir.

Crise de leadership
Le parti de Laurent Gbagbo est en lambeaux, faisant les frais d’une guerre de tranchées entre ses membres. La crise de leadership qui couvait depuis 2011 entre les cadres du FPI avec la perte du pouvoir s’est fait jour en décembre 2014 lorsqu’il s’était agi d’organiser un congrès pour élire un nouveau président, le mandat d’Affi N’Guessan qui assurait jusque-là la présidence étant arrivé à échéance.

S’attendant à entrer en compétition avec d’autres «camarades» du parti, ce dernier se voit plutôt opposé la candidature de Laurent Gbagbo, détenu à La Haye. Laquelle candidature qu’il dénonce, considérant que les cadres du parti veulent utiliser le nom de ce dernier pour se faire élire «par procuration», avant de contester cette candidature devant la justice ivoirienne, s’appuyant sur «une fausse signature». Le verdict (favorable) du tribunal obtenu, Affi N’Guessan en organise un autre où il est le seul à briguer la tête du parti – la fronde ayant alors pris forme – et devient ainsi le chef officiel du FPI.

Une attitude considérée comme une «défiance» à l’égard du chef historique du parti. Depuis lors, c’est à une «guerre fratricide» que se livrent les deux camps. Et l’appel au boycott de l’élection présidentielle a fini par fragiliser le principal parti d’opposition ivoirien.

Ceci explique peut-être pourquoi le candidat du FPI, Affi N’Guessan, n’a récolté que 10% des suffrages, contre …. environ 45% à la présidentielle de 2010, faisant élire du coup Alassane Ouattara dès le premier tour.

Cette débâcle pourrait-elle faire bouger les positions? Dans les coulisses des deux camps, il se murmure qu’un rapprochement serait en cours de négociation sans confirmation officielle. Mais dans les faits, il semble en être autrement. «Affi n’est qu’un instrument du pouvoir…» a lâché Laurent Akoun dimanche au cours d’une rencontre avec des militants du parti à Paris, rapporte le quotidien ivoirien Soir Infos.

Conditionnalités
Laurent Akoun, a indiqué que cette participation ne se ferait pas à tout prix, réclamant des conditions de sécurité «pour tous». «Nous irons aux élections mais pas à n’importe quelle condition», a-t-il confié à la presse, poursuit la source. «Il faut un découpage des circonscriptions électorales tenant compte de la populations et de la superficie, (…) ainsi que la libération des prisonniers politiques». 

Pour le moment, les opposants d’Affi N’Guessan ne détaillent pas leurs stratégies de conquêtes électorales, notamment en ce qui concerne l’appareil politique devant soutenir leur action.

Les observateurs de la scène politique ivoirienne évoquent un retour «à la raison». Ne pas prendre part aux élections locales reviendrait à se mettre en marge de la vie politique nationale pour les cinq prochaines années, un risque trop élevé dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020.

Les élections législatives sont prévues pour se tenir avant la fin de l’année, échéances auxquelles vont succéder les élections municipales et régionales. A noter que le FPI n’a pris part au aucun de ces scrutins en 2012.

Le 07/02/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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