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Côte d’Ivoire: duel à distance ce samedi entre pouvoir et «Front du refus»

Publié le 21/10/2016 à 15h16 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
opposition ivoirienne

L'opposition ivoirienne marche contre la nouvelle constitution.

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#Côte d’ivoire : Le «Front du refus» ne compte pas baisser les bras après l’échec de sa marche de ce jeudi. Un meeting est annoncé samedi dans la capitale ivoirienne, jour d’ouverture de la campagne pour le referendum. Le pouvoir lui bat le rappel de ses troupes, le même jour à Bouaké, au centre du pays.

La coalition du «Front du refus» remet le couvert pour ce samedi. Après sa marche avortée de ce jeudi, le regroupement de partis de l’opposition va poursuivre l’épreuve de force ce samedi à Abidjan avec la tenue d’un meeting à la célèbre Place Ficgayo, dans la commune de Yopougon considérée comme le fief de l’ex président Laurent Gbagbo.

Ce rassemblement va donc donner lieu à un duel à distance avec la coalition au pouvoir qui, elle, a également donné rendez-vous à ses militants ce samedi dans l’enceinte du stade de Bouaké (principale ville du centre du pays), qui a une capacité de plus 30.000 places.

Si en terme de mobilisation, le pouvoir semble sur le point de gagner son pari, «le Front du refus» lui va chercher à démontrer qu’il jouit d’un soutien populaire et ainsi convaincre de sa représentativité. Il lui faudra donc parvenir à faire sortir massivement ses sympathisants qui devront braver une certaine peur après la répression du jeudi. Et ce, d’autant plus que la grande inconnue reste de savoir si le pouvoir compte donner son accord à ce rassemblement.

Deux journaux de l’opposition suspendus

Ce vendredi l’on apprend en outre que deux quotidiens, «Aujourd’hui» et «La voie originale», proches de cette opposition «radicale», ont été suspendus pour 15 parutions, de sorte qu’ils ne pourront paraître de nouveau qu’après le referendum du 30 octobre.

Le Conseil national de la presse (CNP), le régulateur du secteur, leur reproche d’avoir attribué les titres de «président, vice-président et secrétaire général du FPI» aux dirigeants de la dissidence du parti (une dissidence qui mène le «Front du refus»). Une sanction dénoncée comme une machination vouée à affaiblir cette organisation, ces publications étant connues comme acquises à la cause «du refus».

«La situation actuelle tend à rapprocher quelques peu les deux tendances du FPI et cette mesure vient tenter remettre au goût du jour leurs différends afin certainement d’étouffer une certaine dynamique populaire» a commenté un responsable d’une organisation des droits de l’homme sous le couvert de l’anonymat.
Le 21/10/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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