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Côte d’Ivoire: l’opposition veut plus que la simple amnistie

Publié le 18/08/2018 à 08h43 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
simone gbagbo

Simone Gbagbo, ex-première dame ivoirienne.

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#Côte d’ivoire : Caprice d’une opposition en renaissance ou réelle volonté de peser dans le jeu politique? Le FPI proche de Simone Gbagbo salue timidement la décision d’amnistie du président ivoirien et pose les conditions d’un dialogue politique.


 

La tendance du FPI proche de Simone Gbagbo refuse de se contenter de l’amnistie décrétée par le président Alassane Ouattara et demande plus. Dans une déclaration signée de son président Aboudramane Sangaré, le parti fait la fine bouche et exige des clarifications sur la volonté des autorités soupçonnées de manœuvrer pour "l'endormissement" de l’opposition.

Première attente du FPI, faire passer l’ordonnance d’amnistie devant les députés afin de lui donner une valeur légale non sans rappeler qu’il s’agit d’une de ses revendications depuis la fin de la crise postélectorale en 2011. Mais plus, il demande un élargissement de la décision à «tous ses militants et sympathisants injustement maintenus dans les liens de la détention» et surtout aux militaires ayant agi sous les ordres de l’ancien régime.
 


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«Comment est-il possible, sans se contredire, d’amnistier «le donneur d’ordre» supposé et maintenir en détention celui qui, de par sa fonction, était tenu d’exécuter cet ordre?», s’étonne le FPI pour qui la libération de ces militaires «conditionne l’ouverture de tout dialogue avec le pouvoir», s’interroge le parti.

Réforme du processus électoral

Au niveau de la CEI, la Commission électorale indépendante (en charge de l’organisation des élections) l’annonce de sa recomposition est prise avec des pincettes. En effet l’institution qualifiée d’«illégale» a entamé la réception des dossiers de candidature aux élections locales d’octobre prochain «(…) alors que le chef de l’Etat a annoncé l’ouverture de discussions» sur sa réforme.
 


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Le FPI demande à ce niveau le report «purement et simplement» de ces élections en attendant l’ouverture de ces discussions. Mais au-delà de la recomposition de cette instance, le parti attend une réforme plus globale du processus électoral incluant le découpage électoral ainsi que le fichier électoral ou encore l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition entre autres.

Le retour des réfugiés

L’autre question pendante est celle du retour des réfugiés et des victimes de guerre. Le FPI estime que les victimes du «camp Gbagbo» ont été des laissés-pour-compte dans le processus d’indemnisation et demande le retour et la réhabilitation sociale des «dizaines de milliers de réfugiés». Et cela sans oublier dans le futur dialogue politique la «prise en compte (…) des questions touchant à la libération du président Laurent Gbagbo».

Le retour de congé d’Alassane Ouattara et de son gouvernement d’ici la fin du mois s’annonce donc loin de tout repos avec une opposition revigorée qui se prépare à parler d’une seule et même voix.


Le 18/08/2018 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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