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Côte d’Ivoire: pas de report ni de réforme de la commission électorale, tranche Ouattara

Mise à jour le 06/09/2018 à 12h44 Publié le 06/09/2018 à 12h43 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
Alassane ouattara

Alassane Ouattara, président de la Côte d'Ivoire.

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#Côte d’ivoire : Alors qu’il avait annoncé il y a un mois une révision de la Commission électorale indépendante, le président Alassane Ouattara a indiqué que cette mesure ne sera effective qu’après les élections locales d’octobre prochain. Une déclaration qui provoque la colère de l'opposition.

L’opposition ivoirienne, et en particulier le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), a de quoi être en colère après cette décision du président ivoirien. A peine revenu de son périple chinois, hier, Alassane Ouattara a tranché: pas de report des élections locales prévues le 13 octobre prochain et pas de réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), avant la fin des élections.

Le président ivoirien douche ainsi, et de manière radicale, les espoirs de l’opposition qui voulait le voir aller jusqu'au bout de ses affirmations, qu'il avait formulées à la veille de la fête nationale, le 6 août dernier. Ce jour-là, après avoir annoncé l’amnistie d’environ 800 prisonniers liés à la crise post-électorale, il avait déclaré avoir «instruit le gouvernement à l'effet de réexaminer la composition de la CEI».


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Cette question a longtemps été une des principales revendications de l’opposition, qui avait obtenu, à la fin 2016, une décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples appelant à la mise en place d’un nouvel organe de supervision des élections, la CEI étant jugée trop proche du pouvoir de par sa composition.

Le PDCI, lors d’une conférence de presse le 28 août dernier, a en effet demandé au président ivoirien de concrétiser sa promesse d’une nouvelle CEI et de reporter les élections locales, ralenties par la lourdeur de l'administration, mais aussi afin de permettre à certains prisonniers amnistiés de s’inscrire sur les listes électorales. 


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De même, le FPI (Front populaire ivoirien) proche de l'ancienne première Dame Simone Gbagbo, a, dans une déclaration émise à la fin du mois d'août dernier, appelé le «peuple de Côte d’Ivoire» à se mobiliser en vue de «l’ouverture sans délai des discussions pour la mise en place d’une nouvelle CEI consensuelle, préalablement à l’organisation de tout nouveau scrutin». Une perspective qui aurait permis au parti d’intégrer le jeu politique, qu’il boycotte depuis 2012.

Désormais déboutée du fait de cet ajournement par Alassane Ouattara, l’opposition ivoirienne retrouve pourtant, en ce moment, des couleurs et tente de se rassembler autour du PDCI et du FPI. Y aura-t-il un bras de fer avec le pouvoir d’Abidjan?

Le PDCI, qui a d'ores et déjà déposé sa liste de candidats à la CEI, fera-t-il marche arrière? Car tout l'enjeu de ce scrutin reste celui de sa transparence, mais cette échéance électorale à venir va aussi mettre à rude épreuve l’unité de l’opposition, actuellement en pleine reconstruction. 

Le 06/09/2018 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet