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Va t-on connaître la vérité sur le bombardement de Bouaké de novembre 2004 ?

Publié le 28/02/2016 à 23h04 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Société
bombardement de bouaké
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#Côte d’ivoire : S’achemine-t-on vers une levée de voile dans l’affaire du Bombardement de Bouaké en 2004 ? L’avocat des neuf victimes l’espère bien. Mais au-delà, le laxisme des autorités françaises, qui ont laissé s’échapper les présumés responsables, alimente bien de thèses.

Trois anciens ministres français, Dominique de Villepin, Michèlle Alliot-Marie et Michel Barnier devront comparaître devant la Cour de justice de la République en France, accusés d’entrave à l’enquête sur le bombardement d’un cantonnement de l’armée française le 6 novembre 2004 à Bouaké.

La juge d’instruction Sabine Khéris, les soupçonne d’avoir laissés s’échapper les principaux responsables de la tuerie qui a fait 9 victimes dont 8 soldats français et un civil américain. Retour sur les évènements.

Ce jour fatidique du 6 novembre 2004, une base de l’armée française à Bouaké, principale ville du centre du pays et capitale de la rébellion des forces nouvelles est la cible d’un bombardement. Neuf personnes dont 8 soldats français et un civil américain trouvent la mort.

Les regards sont alors tournés vers l’aviation de l’armée ivoirienne, en l’occurrence deux chasseurs russes de marque Sukhoï, engagés depuis deux jours dans une vaste opération offensive contre la rébellion et qui, selon des témoignages, a survolé la base militaire française quelques temps avant le bombardement.

En représailles, les soldats français reçoivent l’ordre de détruire la flotte militaire ivoirienne. Un désastre à l’époque pour le pouvoir à Abidjan, qui s’était égosillé à nier toute responsabilité de son aviation, au point de crier au complot.

Le fait est que les autorités françaises n’ont pas daigné procéder à l’arrestation des pilotes biélorusses au commandes des appareils, donc les présumés responsables du bombardement, épinglés quelques jours après au Togo. Encore moins les équipes au sol, russes et ukrainiennes, alors présentes à Abidjan.

«Tout a été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger», s’insurge la juge Sabine Kheris, contre les ministres mis en cause, dans son ordonnance datée du 2 février, citée par RFI.

Alors que les pilotes «avaient été repérés, filmés, identifiés, surveillés dès la descente de l’avion» par les services français, a-t-elle souligné, balayant du revers de la main les arguments de ces personnalités.

Manifestement, les autorités françaises d’alors n’avaient pas voulu engager les procédures judiciaires afin de déterminer toutes les responsabilités dans cette affaire.

Une posture qui fait penser que la France n’a jamais voulu voir éclore la vérité dans cette affaire. De quoi faire ressurgir les thèses d’un complot contre l’ex chef d’Etat Laurent Gbagbo, du moins pour ses partisans à Abidjan. D’autant que cette affaire avait servi d’argument pour anéantir le principal atout militaire du régime ivoirien contre la rébellion : son aviation.

Les trois ministres risquent «3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende», pour avoir «soustrait aux recherches et à l'arrestation» des individus ayant commis un crime, selon la juge, citée par les médias français.

Le 28/02/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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