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Polémique autour du dédouanement des «effets personnels» à l’aéroport d’Abidjan

Publié le 15/04/2016 à 16h05 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Société
Aéroport d'Abidjan

#Côte d’ivoire : La polémique a enflé ces derniers jours autour du dédouanement des effets personnels pratiqué à l’aéroport d’Abidjan. Une affaire qui fait des vagues sur les réseaux sociaux et qui a amené l’administration douanière à s’expliquer.

Tout est parti des publications d’un groupe apparu sur les réseaux sociaux dénommé «touchespasamesbagages» et dénonçant des abus lors des contrôles douaniers à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Des témoignages étaient ainsi recueillis sur la saisie d’«effets personnels» qui seraient alors taxés de manière abusive par les agents des douanes, certaines personnes évoquant même des actes illégaux qui ont trait à la corruption.

Au cours d’une conférence de presse ce jeudi, le directeur général des douanes, Issa Coulibaly, a tenu à tirer au clair la question. Selon lui, il s’agit de mesures légales prises depuis 2006 et affichée à l’aéroport depuis 2013 dans le cadre de sa certification et qui, par ailleurs, «s’appliquent dans tous les aéroports modernes du monde». S’étonnant au passage que ce soit des années après qu’elles suscitent autant d’incompréhensions.

La disposition s’applique sur «des objets non couverts par la franchise» et ce, «au-delà d’un certain seuil». «Il s’agit surtout de faire en sorte que des voies illicites ne soient utilisées pour tuer l’industrie nationale», a-t-il expliqué. L’idée étant de mettre un frein à des pratiques fréquentes qui permettent à des commerçants de faire entrer par petites quantités des «parfums, chaussures, textiles, etc.» via des intermédiaires pour éviter de payer les taxes et droits de douanes. Une concurrence déloyale qui «met à mal» l’économie nationale et les industries locales, a-t-il dénoncé.

Concernant les objets personnels, Issa Coulibaly a signifié que «ce sont des objets que vous devez posséder au moins six mois avant et qui portent manifestement des traces d’utilisation». Avant de préciser que ses agents sont à même de faire la distinction entre des biens neufs destinés à un usage personnel ou à faire des cadeaux et ceux qui pourraient être introduits dans le circuit commerciale.

«Les parents qui sont à l’extérieur peuvent toujours voyager, transiter tranquillement par l’aéroport d’Abidjan avec des souvenirs destinés à leurs proches» a-t-il rassuré.

Toutefois, l’administration douanière s’est engagée à accélérer la révision de ses textes afin de les actualiser «dans le sens du relèvement des seuils de franchise».

Le 15/04/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet