Fermer

Amnesty International demande le transfert de Simone Gbagbo à la CPI

Mise à jour le 10/05/2016 à 19h14 Publié le 10/05/2016 à 18h40 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Société
Simone Gbagbo

Simone Gbagbo, ex-première dame ivoirienne.

© Copyright : DR

#Côte d’ivoire : Alors que l’on pensait la page définitivement tournée, Amnesty International a réclamé dans un communiqué le transfert de Simone Gbagbo à la CPI. L’organisation émet en effet des doutes sur le déroulement du procès en assise contre l’ex première dame prévue qui ne serait pas équitable.

Si le procès de l'ex-Première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo est une étape importante pour mettre fin à l'impunité, les autorités ivoiriennes doivent reconsidérer leur refus d'honorer leur obligation de la remettre à la Cour pénale internationale (CPI), conformément au mandat d'arrêt émis à son encontre pour des accusations de crimes contre l'humanité, indique Amnesty International dans son communiqué.

«À moins que la Côte d’Ivoire ne s'adresse à la Cour pénale internationale (CPI) pour contester une nouvelle fois la recevabilité de cette affaire, elle doit remettre sans délai Simone Gbagbo à la Cour», a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest pour Amnesty International.

«Si le procès au niveau national se poursuit, les autorités ivoiriennes doivent veiller à ce que la procédure respecte les normes internationales relatives aux droits humains, notamment le droit à un procès équitable. La Côte d’Ivoire doit faire savoir au reste du monde qu'elle est déterminée à rendre justice aux victimes de tous les crimes», a-t-il poursuivi.

«Procès politique»

Si la position de l’organisation des droits de l’Homme n’a pas trouvé échos auprès de la défense de l’ex première dame, cette dernière n’a eu de cesse de dénoncer un «procès politique», une fois encore ce lundi lors de la comparution de cette dernière devant la cour d’Assise d’Abidjan.

Le dossier est vide, se sont-ils plaint, avant de mettre en doute la composition du jury. «Le jury est quasiment composé de gens du Nord du pays (…), alors que madame Gbagbo est poursuivie pour avoir fait, dit-on, assassiner des ressortissants du nord», s’est écrié Me Rodrigues Dadjé.

Le parquet d’Abidjan a réagi à ces propos ce mardi faisant remarquer la «régularité de la composition du jury».

Déjà condamnée en mars 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat, Simone Gbagbo est poursuivie devant la cour d’Assise d’Abidjan pour crime contre l’humanité, meurtres, assassinats, viols, coups et blessures volontaires.

Le procès se tiendra ce 31 mai.

Le 10/05/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

à lire aussi