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Affrontement à l’université d’Abidjan: une quarantaine d’étudiants arrêtés et des blessés

Publié le 19/07/2016 à 11h30 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Société
Université FHB
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#Côte d’ivoire : 39 étudiants arrêtés, de nombreux blessés dont trois agents de police, des dégâts matériels importants, tel est le premier bilan de la journée d’hier à l’université d’Abidjan. De retour de Kigali, le président Alassane Ouattara a annoncé de nouvelles mesures pour ramener le calme sur le campus.

De la chaude journée d’hier à l’université d’Abidjan, il ne reste plus que des pierres, des véhicules incendiés ou aux vitres brisées, des bureaux saccagés et une imposante présence policière pour témoigner de la violence des heurts entre les forces de l’ordre et étudiants. La tension est encore palpable.

Durant toute la journée de ce lundi, jets de pierres contre gaz lacrymogène et courses-poursuites ont succédé à l’atmosphère d’ordinaire studieuse de la plus grande université publique du pays. De source policière, l’on apprend que 39 étudiants ont été arrêtés et de nombreux blessés sont signalés, dont 3 policiers.

La crise couvait depuis la semaine dernière lorsque la Fesci a décidé de lancer un nouveau mot d’ordre de grève. A la question récurrente de la présence policière sur le campus, se sont superposés à nouveau le refus de quitter les cités universitaires (qui devaient être réhabilitées pour les Jeux de la francophonie) et des revendications d’ordre académique, à savoir les coûts d’inscription au cycle de masters jugés élevés et le manque de matériels didactiques.

Pour le syndicat estudiantin, il ne s’agissait que d’un meeting qui devait se dérouler sans heurts mais qui a été «attaqué» par la police dont la présence avait été renforcée sur le campus la veille. Du côté des forces de l’ordre, l’on indique que, sous la menace, la Fesci empêchait la tenue des cours causant des troubles. Et c’est suite à des actes de défiance et de provocation ponctués de jets de pierres qu’il a été décidé de disperser la foule.

«La Fesci s’impose aux étudiants par la violence ; ils nous ont obligé par exemple à sortir des salles de cours pour assister à leur meeting» dénonce Ange Kouaho, étudiant en deuxième année de sociologie. «Ils évoquent malgré tout des sujets qui nous concernent au premier chef», rétorque un autre étudiant.

La première réaction officielle suite à ces troubles a été celle du président Alassane Ouattara de retour de Kigali dans la nuit du Lundi. Il a indiqué que le gouvernement avait déjà renoncé à déloger les étudiants dans le cadre des jeux de la Francophonie et que des mesures seront prises lors du prochain Conseil des ministres «afin que le calme revienne et que les étudiants, dans leur grande majorité, puissent travailler dans les meilleurs conditions».

Le 19/07/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet