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Guinée–Mali: les travaux de matérialisation de la frontière ont repris

Publié le 06/12/2017 à 11h12 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
frontière Mali Guinée

La zone aurifère a été mise à défens en attendant la résolution du conflit frontalier.

#Guinée : Après les affrontements meurtriers entre villageois guinéens et maliens la semaine dernière, l’heure est aux pourparlers et à la matérialisation de la frontière entre les deux pays.

Après les affrontements entre villageois maliens et guinéens qui ont fait plusieurs morts la semaine dernière à la frontière guinéo-malienne, les ministres des deux pays chargés de l'administration des territoires se sont rencontrés lundi à Kankan afin de trouver une solution au conflit qui oppose les villageois.

"Nous avons déployé des missions techniques guinéennes et maliennes le long de la frontière pour les travaux de positionnement. Pendant que nous y travaillions, l’irréparable a été commis par nos populations", a déploré le ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le général Bouréma Condé.

Les techniciens guinéens et maliens vont donc reprendre le travail sur le terrain. En attendant, les deux parties ont convenu de veiller à l’application stricte de la mise à défens du  site  aurifère à l’origine du conflit entre les deux villages. 
 


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"La frontière que nous nous efforçons de délimiter n’est pas une frontière qui nous séparera. Car il est évident qu’aucune borne ne pourrait entraver le chemin d’un Malien qui se rendrait en Guinée ou d’un Guinéen qui se rendrait au Mali", a affirmé le ministre malien de l’Administration du territoire, Tiéman Hubert Coulibaly.

De son côté, le général Bouréma Condé a confirmé que les populations en conflit "sont une seule". Pour preuve, "on trouve les mêmes patronymes des deux côtés de la frontière".

Lundi et mardi dernier, des escarmouches intervenues entre les villageois de Kantédou-Balandou (Guinée) et Gnaoulenni (Mali) ont fait près d’une vingtaine de morts. Mais les sources officielles présentent un bilan bien inférieur. Côté malien, on parle de six morts dont deux gendarmes. Alors que les Guinéens accusent leurs voisins maliens d’être à la base de ces affrontements pour avoir continué à exploiter les sites aurifères mis à défens, les Maliens indiquent que tout est parti de l’attaque du poste de gendarmerie de Niaulenni par des chasseurs dozo venus de Guinée.

La Guinée et le Mali sont deux pays d’Afrique de l’Ouest qui partagent une frontière longue de 858 kilomètres. Mais les deux pays partagent aussi la même culture mandingue. D’ailleurs, une célèbre phrase de l’ancien président guinéen Sékou Touré très souvent reprise en Guinée indique que "la Guinée et le Mali sont deux poumons dans un même cœur".

Le 06/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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