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La ZMAO réaffirme sa détermination de lancer sa Banque centrale en 2018

Publié le 05/08/2016 à 19h24 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

#Economie
ZMAO
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#Guinée : Les Etats de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO), réunis à Conakry, ont réaffirmé leur ambition de créer leur banque centrale commune à l’horizon 2018. Laquelle banque centrale devra être une étape clé dans la création de la monnaie unique de l’Afrique de l’Ouest en 2020 comme prévu.

«La voie semble encore un peu plus dégagée». C’est sur ce ton que s’est exprimé vendredi, Dr Louncény Nabé, gouverneur de la Banque centrale de Guinée, au terme des réunions statutaires de la ZMAO et de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’ouest (AMAO) tenues à Conakry du 29 juillet au 5 août.

Un sentiment entre satisfaction et espoir partagé par la quasi-totalité des six Etats membres de la seconde zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest attendue en 2018 et qui devrait ensuite fusionner avec la zone CFA pour donner naissance à une monnaie unique en Afrique de l’Ouest.

Pour autant, en dépit des progrès réalisés et de cette volonté affichée, les pays de la ZMAO ont unanimement reconnu l’existence de nombreux défis à relever pour voir se réaliser leur rêve.

Ils ont appelé à une harmonisation des politiques à l’effet de faire face aux conséquences de la fièvre Ebola et la baisse des cours des matières premières.

Dans cette perspective, ils ont insisté sur l’accélération de la mise en œuvre du système de paiement et le tarif extérieur commun de la CEDEAO, ainsi que l’harmonisation des politiques monétaires, budgétaires et fiscales pour être au rendez-vous de 2018.

Ils ont en outre rappelé la nécessité pour les gouvernements d’œuvrer à la stabilité des prix, des taux de change et des taux d’intérêt dans la région.

"Le bilan est que l’ensemble des problèmes ont été abordés avec franchise. Il a été recommandé l’accélération du processus d’intégration, l’instauration au niveau des transactions frontalières d’une certaines cotation des monnaies», a déclaré le gouverneur de la Banque centrale de Guinée.

Au cours des assises de Conakry, le Ghana, par la voix de son ministre des Finances et de la planification économique, Seth Terkper, est allé un peu plus loin pour inviter les pays de la zone à accélérer la mise en œuvre du tarif extérieur commun de la CEDEAO. Un critère qu’il est le seul à remplir avec le Libéria.

Le Premier ministre guinéen Mamady Youla a souhaité que l’ensemble des pays de la ZMAO se rendent à l’évidence que l’échéance de lancement de la monnaie unique envisagée pour 2020 est très proche.

«Nous devons donc aller droit à l’essentiel et placer nos débats dans le contexte de la mondialisation», a affirmé le chef du gouvernement guinéen. La réalisation de la monnaie unique n’est plus seulement une nécessité mais un ultimatum. Nous devons donc nous hâter pour y parvenir», a-t-il dit, invitant chaque Etat à respecter ses engagements et obligations.

Il faut noter enfin que pendant ces réunions statutaires de la ZMAO et de l’AMAO, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée a été nommé président du Comité des gouverneurs de banques centrales de la CEDEAO pour un mandat de six mois.
Le 05/08/2016 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara