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Guinée. Simandou: l'État perd son procès contre les employés de Beny Steinmetz

Publié le 10/11/2017 à 15h19 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Economie
beny steinmetz alpha condé

Le magnat franco-israélien Beny Steinmetz et le président guinéen Alpha Condé.

#Guinée : La Guinée a perdu l'une des nombreuses procédures judiciaires qui l'oppose au roi du diamant Beny Steinmetz. Elle vient d'être condamnée par la Cour de justice de la CEDEAO à indemniser deux employés guinéens du groupe.

L'État guinéen a perdu son procès contre deux employés guinéens du groupe Beny Steinmetz Group Ressources (BSGR). Il a été condamné aux entiers dépens et frais engagés pour la procédure d’opposition, soit au versement de la somme de 3 000 000 de francs CFA à chacun des deux employés du groupe du franco-israélien Beny Steinmez.

En février 2016, les deux employés guinéens avaient obtenu la condamnation de la Guinée pour détention arbitraire dans le cadre de l'une des procédures opposant l'État guinéen à leur groupe employeur. En réplique, la Guinée avait demandé la révision de l'arrêt de la Cour de la justice de la CEDEAO. Mais, en octobre dernier, celle-ci à confirmer sa décision, lui infligeant le paiement de 30 millions de francs à Ibrahima Sory Touré et 15 millions de francs à Issiaga Bangoura.


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En avril 2013, le contentieux était parti de l’arrestation aux États-Unis de Frédéric Cilins, ancien interprète à BSGR, alors accusé "d’avoir entravé une procédure judiciaire et tenté de corrompre la justice pour faire disparaitre des indices de corruption concernant une convention entre BSGR et la Guinée" sur une partie de la gigantesque mine de fer de Simandou. 


Le gouvernement d'Alpha Condé avait alors décidé d'arrêter les deux employés comme témoin. Ils seront finalement inculpés par le juge d'instruction d'un tribunal de Conakry pour "corruption passive". Sept mois après, ils avaient obtenu la liberté provisoire après s'être acquitté du paiement d'une caution de 150 millions de francs guinéens (plus de 15.000 euros) pour les deux.

En liberté provisoire, les deux employés se sont retournés contre l'État guinéen et ont obtenu gain de cause auprès de la Cour de justice de la CEDEAO. D'abord en février 2016, puis avec la confirmation en octobre dernier. "Je me félicite d’être le tout premier Guinéen avec mon collègue Issiaga Bangoura et notre conseil à avoir fait condamner la Guinée pour son mépris pour les droits des Guinéens", a réagi Ibrahima Sory Touré sur le site d'information Guineenews.org.


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Ce n'est toutefois pas fini. Plusieurs autres procédures ont cours dans le cadre de ce bras de fer sur la rétrocession des blocs 1 et 2 de Simandou, notamment celle devant le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements).


Là encore, Ibrahima Sory Touré accuse des proches d'Alpha Condé d'avoir délibérément proféré des mensonges à son égard devant les magistrats de la CIRDI. Il promet d'entamer des poursuites contre ceux-ci pour faux témoignages et calomnies. "Tout comme je n’ai pas laissé faire le gouvernement d’Alpha Condé quand il a menti sur moi, ils (les proches d'Alpha Condé) doivent tous réparer les préjudices que j’ai subis", a-t-il prévenu.
Le 10/11/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou