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Guinée: une dizaine de radios fermées pour non paiement de redevances à l'Etat

Publié le 12/12/2017 à 19h37 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Médias
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#Guinée : Le calvaire continue pour la presse guinéenne. Après des fermetures pour raison "disciplinaire" et des violences sur des journalistes, l'Etat sévit une fois de plus contre les médias. Lundi, une dizaine de radios privées ont été fermées pour non-paiement des redevance à l'Etat.

Le 5 décembre dernier, l'Autorité étatique de régulations des postes et télécommunications de Guinée (ARPT) avait prévenu les radios. Ce lundi 11 décembre, elle est passée à l'acte. Quatre radios ont donc été fermées à Conakry et six autres en province.

La loi guinéenne fixe à 20 millions de francs guinéens (2.000 euros), la redevance annuelle pour une radio commerciale et à 10 millions (1.000 euros) pour les radios communautaires. Mais depuis la libéralisation des ondes en Guinée, en 2005, suivie de l'apparition des premières radios privées, peu de stations s'acquittent de cette redevance. Selon l'ARPT, les impayés, depuis 2009, de quelque 47 radios privées s'élèvent à plus de six milliards de francs guinéens (plus de 600.000 euros) vis-à-vis de l'Etat guinéen.

Un conseiller du président Alpha Condé devrait rencontrer ce mardi les associations de presse sur les relations tendues, depuis septembre dernier, entre l'Etat et la presse. La question des redevances devrait être parmi les points à débattre.


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Certains patrons de presse reconnaissent quand même leurs impayés. Le hic, c'est que le montant de la redevance aurait été fixé unilatéralement par l'Etat. Dans un article, le site Guineenews explique qu'au départ, les redevances étaient fixées à 2 millions de francs guinéens pour les radios communautaires contre 5 millions pour les radios commerciales. Mais en 2009, les ministres en charge des Télécommunications et des Finances d'alors auraient unilatéralement revu à la hausse ces redevances à 10 millions et à 20 millions de francs guinéens. Depuis, les patrons de presse, soutenus à un moment par l'organe de régulation des médias, ont cherché à négocier avec l'Etat. Mais sans succès.


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Il n'empêche qu'aucune radio n'a jamais été inquiétée pour cette redevance jusqu'à novembre dernier, quand Alpha Condé, exaspérée par la médiatisation de la grève des enseignants, a annoncé que toute radio privée non en règle avec l'Etat sera fermée. Suite à cette annonce, l'Autorité de régulation des postes et télécommunication a invité les radios privées non en règle à s'acquitter avant le 11 décembre. Faute de quoi, elle passerait à l'action.

"Cette mesure de fermeture pourrait mettre plusieurs journalistes du pays dans une situation difficile. Déjà que la plupart de ces radios privées ne payent presque pas leurs journalistes, il faut imaginer ce qui peut se passer suite à ces fermetures", commente Ahmed Sylla, un observateur qui s'intéresse beaucoup à la situation des médias en Guinée.  
Le 12/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou