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Guinée: violents affrontements entre militants de partis de l'opposition

Mise à jour le 12/03/2017 à 20h48 Publié le 12/03/2017 à 20h06 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
opposition guinéenne

Les dirigeants de l'opposition guinéenne.

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#Guinée : Des affrontements entre des militants des deux plus grands partis de l'opposition guinéenne ont fait plusieurs blessés, samedi 11 mars, à Conakry. Anciens alliés, l'UFDG et l'UFR se détestent plus ouvertement de jour en jour.

Accusations et contre-accusations. Après les affrontements de samedi, chacun des partis UFDG et UFR -respectivement deuxième et troisième force politique du pays- se dit victime d'une attaque de l'autre. "Nous suscitons beaucoup de jalousie et parfois hélas de haines injustifiées. On est en train de dresser les loubards contre l'UFDG (NDLR : Union des Forces Démocratiques de Guinée)", a fustigé Cellou Dalein Diallo, dans un discours qui a clôturé l'assemblée générale de l'UFDG perturbée un peu plus tôt par des jets de pierres. "C'est pour vous dire que l'offensive contre l'UFDG ne fait que commencer. Je vous l'avais dit: préparez-vous, nous n'allons pas nous laisser faire ", a lancé le chef de file de l'opposition à ses militants.
 
L'Union des forces républicaines (UFR) de Sydia Touré, l'autre ancien Premier ministre de Lansana Conté, dénonce quant à elle une provocation. L'UFR croit que des militants de l'UFDG se sont détachés de leur assemblée générale délocalisée à Matam (fief de l'UFR) pour s'attaquer à son siège sis dans le même quartier.  "Un groupe de militants de l'UFDG qui passait pour rejoindre son assemblée délocalisée s'est attaqué au siège de l'UFR ", précise Ibrahima Bangoura, vice-président. Le bureau exécutif du parti a déploré 7 blessés dont un responsable de la jeunesse, 11 véhicules endommagés et des concessions vandalisés.
 
Officiellement, l'UFDG n'a encore déclaré aucun blessé. Mais sur les réseaux sociaux, des militants ont posté des images de plusieurs militants blessés. Le parti de Cellou Dalein persiste plutôt dans la condamnation des "violences injustifiées" contre ses militants. "Le président de l'UFR (Sydia Touré) ne tolérait-il plus qu'un autre parti organise une manifestation dans ce qu'il considère être son fief? ", interroge l'UFDG, qui croit que l'attaque du samedi a été " préméditée et savamment orchestrée par des partis politiques en perte de vitesse".
 
Des journalistes présents sur les lieux ont laissé entendre que les affrontements inter militants sont plutôt partis de Permanence où l'UFDG avait délocalisé son assemblée générale dans le cadre d'une compétition culturelle du parti. Selon ces journalistes, présents très tôt à Permanence,  des altercations entre des militants et des habitants du lieu ont dégénéré pour atteindre le siège de l'UFR situé à quelques mètres.  L'intervention de la police a limité les dégâts.
 
Aujourd'hui "ennemies",  l'UFR de Sydia Touré et l'UFDG de Cellou Dalein ont longtemps été des alliés contre le régime d'Alpha Condé. Mais l'alliance formée dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2010 s'est rompue en mai 2015 en prélude à celle qui a scellé le second mandat d'Alpha Condé. Après quoi, Sydia Touré s'est beaucoup rapproché d'Alpha Condé au point d'être nommé Haut représentant du chef de l'Etat. Pour l'UFDG, c'est le comble de la " traîtrise ".
 
Le 12/03/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou